Big Dicks

Amélie-GaranceChapitre 1J’ai dix-neuf ans. Je m’appelle Amélie. J’ai la malchance d’habiter chez des parents trop stricts. Mon père est directeur d’une société d’exportation de carburants. Il est toujours en voyage. Ma mère est directrice d’un centre de loisirs aquatiques en plein Paris. Nous habitons à Rueil-Malmaison. Une maison immense. Huit chambres, deux grands salons et du fric. Du fric et encore du fric. La piscine est presque un jouet pour mon père. De toute façon, il n’en profite que peu puisqu’il vole. Au-dessus de l’Atlantique, entre New-York et Paris.Je suis étudiante. Mes parents croient que je suis étudiante. Papa paie une grande école de décoration. Mais je suis tourmentée, au point de sécher souvent les cours. Je pars en virée parisienne avec des potes, plus ou moins potes d’ailleurs. Ça fait bien de sortir avec moi. Ils m’aiment mais moi je les aime bien.J’ai une sœur. Une sœur jumelle. Même jour, même année, même endroit. Elle est sortie du ventre de ma mère trois minutes après moi. Je suis l’aînée. C’est cool.Ma sœur s’appelle Garance. Elle est au lycée, en terminale. Elle a dû redoubler une fois pour en arriver là. C’est sans doute l’apanage des familles friquées. Des parents qui n’élèvent leurs enfants qu’à coups de nourrices, de réunions le soir et de « Travaille bien à l’école ».Ma mère me prend pour une gamine de quatorze ans. De quoi elle se mêle ? Elle n’est jamais là, comme papa, mais quand ils sont à la maison, Garance et moi n’avons pas le droit de faire quoi que ce soit. J’ai eu un appartement un an. Et puis, comme nous avons déménagé, j’ai dû revenir à la maison parce qu’elle est proche de l’école. C’est à peine si j’ai le droit de sortir le soir, d’aller au café ou chez des copains. Mais je ne dis rien, sinon j’élève la voix et ça finit par des disputes violentes. Et comme je suis souvent seule à la maison avec ma sœur et nos deux employés de maison, nous faisons un peu règles-de-papa-maman buissonnières.Aujourd’hui c’est jeudi. Il est neuf heures douze à mon radio-réveil. J’ai cours à onze heures. Pour l’instant je me prélasse dans mon grand lit. J’ai mis la chaîne hi-fi en sourdine sur l’album de Superbus. Ma chambre est la chambre d’une étudiante de dix-neuf ans, de sexe féminin. Un vrai bordel, des fringues en boule, des photos punaisées sur les murs, un bouquet de lys, une affiche ou deux de concerts. Mon Apple portable sur le bureau, des dizaines de feuilles de papiers qui traînent et des croquis de décoration. La baie vitrée donne sur le balcon du premier étage. Un balcon privatif bien amusant l’été. J’écoute la musique, je regarde autour de moi en tentant de m’éveiller. Ç’aurait un côté séduisant de rester toute la journée sous la couette. Pas de voiture à prendre, pas d’engueulade avec les mecs de mon école, pas de coup de fil de maman à midi pour me dire qu’elle va ce soir « à une exposition littéraire » ! Ce projet me tente bien en fait. Sécher aujourd’hui encore. Ecouter de la musique, regarder des DVD et boire du jus d’orange. Danielle, une des deux employées de maison, doit être en bas à s’affairer. Papa est parti une semaine au Chili pour affaires et maman n’est pas rentrée la nuit dernière, chez une amie qu’elle disait. Danielle est la seule qui s’occupe de la maison correctement.Garance ne commence qu’à dix heures, d’après ce qu’elle m’a dit hier.Nous sommes proches. C’est mon rayon de soleil dans la famille. Elle m’amuse, me ravit, m’encourage dans mon peu de travail. On rigole, on danse, on craque toutes les deux le fric de papa. C’est ma petite sœur chérie que j’adore. Nous sommes complices, elle sait presque tout de mon intimité, de mes relations conflictuelles et chaotiques avec les mecs. Je sais presque tout de la sienne. Sa première relation sexuelle m’a été contée avec émotion et rougeurs mais elle y est arrivée. Ça m’a fait un petit pincement au cœur que ma petite sœur (plus jeune de trois minutes !) soit allée batifoler avec un mec.Je regarde par la fenêtre le ciel de mai qui se lève sur Paris. J’ai les muscles endoloris par une nuit agitée. Ma main caresse mon ventre. Machinalement. L’idée de commettre un viol sur mon propre corps m’a toujours agitée. Peut-être un zeste d’esprit tordu ou une idée de petite garce en mal de sexe. Que sais-je ? Cette idée me prend toujours dans mes petits instants volés de plaisir solitaire. J’aime le sexe. Maman dit toujours « Il y a un âge pour tout, mes petites ; vous êtes trop jeunes ! Quand j’ai connu ton père je n’avais pas eu d’autres hommes dans ma vie ! J’ai fait l’amour le jour de mon mariage ! ».Oh, que je la déteste avec ses principes minables ! Si elle savait seulement que Amélie, sa fifille, s’était fait plaisir avec un mec dans les toilettes d’une broîte de nuit au rabais lors de sa première fois ! Si elle savait que j’ai amené deux mecs dans mon lit, dans SA maison depuis qu’on y habite. Si elle savait que Garance a connu une nuit d’émoi dans la chambre universitaire d’un grand gaillard de vingt-trois ans !Tout ceci n’empêche pas que j’aime le sexe. Et je dors depuis six mois. Pas un mec n’est venu entre mes cuisses depuis six mois ! Quand Garance, il y a deux mois, m’a raconté sa nuit, j’en étais verte de jalousie. Alors là, ce matin, je laisse traîner ma main entre mes cuisses. Je suis moite, endormie. Mes poils pubiens s’accrochent entre mes doigts. Je glisse mon index profondément. Je suis un petit peu plus humide qu’au dehors. Je caresse. Lentement, en de courts mouvements circulaires. Mes jambes frémissent imperceptiblement. Oh, que j’aimerais avoir des mains étrangères pour me faire subir ce sort-là. Oh, que j’aimerais me faire mal, toute seule, comme une grande, en me lamentant sur mon sort. J’agite mon doigt frénétiquement. Je palpe mon clitoris qui s’émoustille et se lubrifie. Avec ce traitement sommaire, j’arrive à avoir un orgasme de jeunette. Basique, minable, mais follement bénéfique. Quand je descends prendre le petit déjeuner en famille après ça, je suis de bonne humeur et maman se fait un plaisir de le dire « Ah, Amélie est souriante aujourd’hui ! Ça change ! ».Aujourd’hui personne ne sera là pour me dire ça. Mais j’ai envie, oh ! que j’ai envie de me faire jouir. L’orgasme est rapide avec moi, cinq minutes de ce petit jeu et je suis au ciel pendant quelques secondes. Mon ventre se gonfle, mon cœur cogne dans ma poitrine. Mon visage s’empourpre et un petit cri se noue dans ma gorge. Et le bruit de ma peau triturée et humide volète sous la couette. Je me caresse frénétiquement au point d’avoir des crampes au poignet. Ça se passe toujours comme ça. J’aime bien faire ma petite salope avide de sensations.Aujourd’hui rien n’est différent, je me réveille toute seule. Je monte le volume de Superbus histoire de cacher mon halètement à une présence dans le couloir. J’ai bien envie de profiter à fond de ce petit instant de plaisir. Je suis enfouie sous la couette mais celle-ci tressaute au rythme de mes ondulations. Que j’aime me faire ça !Soudain on frappe. Toc, toc, toc ! Le battant beige est fermé. Mon cœur s’emballe, j’arrête mes caresses. Je demande : « c’est qui ? ». Ma jumelle me répond, de ma propre voix « c’est Garance, je peux entrer ? ».Zut, quelle petite peste ! Elle ne peut pas savoir que je me livre tranquillement à des coquineries dans mon lit, mais je développe un puissant sentiment de rage envers elle. Je demande, un peu nerveusement « Je suis occupée, tu veux quoi ? » Elle agite la poignée. Dieu merci, j’ai fermé à clef ! Je me lève, rabats ma chemise de nuit noire sur mes cuisses et me traîne vers le battant. J’ouvre. Elle est sur le palier en jean et en débardeur violet. Les cheveux trempés. Elle entre. Je referme derrière nous. Comme lors de nos petites soirées entre filles ou l’on s’enferme dans une chambre à clé pour parler toute la nuit. Elle me demande :— Tu faisais quoi ? T’as pas l’air super occupée, on dirait que tu viens de te réveiller ?— Tu commences pas à dix heures, toi ?— Non, Cédric m’a appelé, son père, qui est notre prof de philo, ne vient pas ! On commence à onze heures ! Pour une pauvre heure en plus ! Et j’ai pas cours du tout cet après-midi !Elle sautille sur place, aux anges de pouvoir oublier l’école. J’ai super envie d’être adorable avec elle, de partager sa joie, mais mon ventre est tendu. Mes mains sont moites et mon cœur ne s’est pas calmé. Je ne souhaite donc qu’une chose. Qu’elle parte et que je me finisse. Vite fait, bien fait maintenant. Je demande un peu agressive :— Bon, qu’est-ce que tu veux ?— Mademoiselle Mélie fait la gueule, on dirait ? T’étais au téléphone avec Brad Pitt ou quoi ?En temps normal, sa remarque m’amuserait. Mais là, j’ai franchement envie qu’elle dégage. Elle ne se rend pas compte du stress qu’elle me donne. En plus je déteste quand elle m’appelle Mélie. Elle le sait et le fait exprès pour m’énerver gentiment. Je lui réponds :— Non, Gaga, Mélie fait pas la gueule mais était occupée, tu veux quoi ?Elle s’assoit sur mon lit. Argh ! Non ! Elle a l’air décidée à s’installer ici ! J’ai envie de la prendre par les épaules et de la pousser dehors ! Elle me fait :— Franchement, ma sœur, qu’est-ce qui, au matin, pouvait t’occuper comme ça pour que tu ne veuilles pas de ta petite sœurette adorée ?J’ai envie de lui répondre « À ton avis, bêtasse ! » Je suis toute excitée, c’est dingue. Je devrais me calmer mais c’est impossible. Mon ventre gonfle, ondule au gré d’un courant bizarre. Un désir de me tripoter comme jamais je n’ai eu. Et il faut à ce moment-là, dans une maison de seize pièces où nous sommes trois, que ma sœur se trouve justement avec moi. Non ! Non ! Je lui dis :— Dis-moi vite, je te jure tu me déranges trop ! J’écrivais un truc !— T’as l’air ! T’écrivais dans ta tête alors ? Je vois pas de papier !— Mais oui, j’avais une idée pour un truc à l’école, un dossier que je dois rendre, tu sais bien ! Qu’est-ce que tu me veux !— Je veux que tu me racontes un truc.— Quoi ?— À propos de Bastien…Bastien est un ami. Commun à elle et moi. Et il fait partie des deux mecs qui ont franchi la porte de ma chambre pour une nuit. Son prénom me fait languir encore plus. Je repense un petit instant à ses caresses. Ouah ! Je suis en feu ! Pourquoi faut-il qu’elle vienne me parler ? Et de lui qui plus est !— Quel est le problème avec lui ?— Il me plaît. J’y ai pensé toute la nuit. Je sais que t’es sortie avec. Il fait bien l’amour ?Merde ! Il faut qu’elle me parle de ça alors que je suis morte de faim depuis six mois !— Qu’est-ce que ça peut te faire ? Il va pas te sauter de toute façon !— T’es pas sympa de dire ça, c’est pas parce que madame l’a connu intimement qu’elle doit faire des leçons !— T’es pas gênée ! C’est toi qui me demandes !— Mais oui, mais je te demande comment il est ?— Vous en êtes où tous les deux ?— Il m’a… embrassée vite fait hier soir.Argh !. Bastien, le beau brun qui a embrassé ma sœur. Il a dû prendre son pied le cochon, la même que moi ! Mon ventre me hante délicieusement. Je coupe court à toute volonté de s’étendre sur le sujet !— J’ai pas envie de parler de lui. Tu le sais ! Il fait bien l’amour, oui ! T’es contente ? Laisse-moi maintenant.Je lui fais signe de se lever mais elle s’étend sur mon lit ! La garce ! Elle me demande, semblant remarquer mon trouble :— Tu penses encore à lui, ma Ninie ? Il te manque ?Elle m’appelle « sa Ninie » quand elle décide d’être gentille et affective. Je ne vais pas devenir désagréable maintenant ! Je dis :— Oui j’y pense parfois, mais ça te regarde pas, vas-donc le voir au lycée maintenant ! Il est pas dans ta classe, il a cours, lui !— T’as une photo de lui sur ton ordinateur, je sais. Une super photo de bonne qualité, tu pourrais pas me la filer sur le mien ?Quelle profiteuse alors. J’aime pas partager ce genre de choses !— Qu’est-ce que tu vas faire d’une photo ? Tu le vois tous les jours !— Mais c’est pas pareil ! Je suis sûre que tu le fais bien toi aussi !Je ne sais vraiment pas de quoi elle parle. Sincèrement. J’interroge :— Que je fais bien quoi ?— Que tu regardes la photo en salivant ?— Mais dis-donc ! Gaga ! Dis que je suis une voyeuse !— Non je dis pas ça mais, s’il te plaît, passe-la moi !— T’es venue pour ça en fait ?— Oui évidemment !— Ça pouvait pas attendre un peu, merde ! Je suis occupée. J’aurais très bien pu dormir, t’aurais pu me la demander tout à l’heure à midi !— Mais je la voulais ce matin !— Ça change quoi ? Franchement t’abuses ! Sérieux, sœurette, tu délires !— Bah je me serais offert un petit after c’est tout !Ça me scie. Elle prend son air boudeuse, renfrognée. Je comprends bien le sens de son « after » qu’elle m’empêche d’ailleurs de prendre actuellement. On parle de sexe toutes les deux sans tabou, mais très rarement et de façon subjective et détournée de nos activités solitaires. Autant le fait d’aborder un acte, une position, une sensation avec les mecs ne nous dérange pas, autant parler de nos côtés coquins nous trouble un peu.L’entendre me dire ça alors que je suis avide de jouissance et de caresses provoque en moi un effet indéniable. Besoin impératif de me toucher. Je lui dis, masquant mon trouble si possible :— Tu peux te l’offrir sans regarder sa photo, t’as qu’à penser à lui !— C’est pas pareil !— Et puis de toute façon tu vas pas te faire un after maintenant, tu vas aller au lycée dans une heure, tu pars à dix heures et demi non ?— Et ben, en une heure j’ai le temps !Elle me fait un clin d’œil. Complicité entre sœurs en temps normal, mais soudain très troublant. Je rétorque :— Si je te donne la photo, si j’ai bien compris, tu files dans ta chambre, tu fermes la porte et hop, au boulot ?— Exactement, t’as tout compris ; depuis le temps que j’attends !— T’attends depuis quand ?— Je me suis souvenue de la photo ce matin, je me suis dit que j’allais te la piquer ; j’ai attendu depuis ce temps là ! Depuis six heures, ça me chatouille !— Et alors, maintenant, tu crèves d’envie d’y aller ?Elle me tire la langue d’un air narquois !— Tu sais pas ce que c’est que d’attendre !Elle se trompe ; oh oui ! Elle se trompe. Je ne mens pas avec elle, alors je dis :— Si, je sais ! Depuis que t’es arrivée j’attends !— Mais.. tu veux dire que ? Je t’ai dérangée pendant que…— Oui, exactement, tu comprends maintenant, Gaga, pourquoi je voulais que tu partes !— Ma pauvre sœurette, mais je t’ai pas dérangé à la fin ?— La fin de quoi ?— Bah, juste avant l’orgasme ? Sinon je suis super désolée de t’avoir dérangée, c’est horrible de s’arrêter juste avant que ça vienne. Moi en tout cas je déteste ça.— Moi aussi, mais là j’étais juste au début ! Et puis sans photo ! Alors tu vois que c’est possible de le faire sans !— Montre-moi la photo quand-même, s’il te plaît ?— Je te file mon ordinateur et tu vas dans ta chambre ! J’ai la flemme de transférer sur le tien maintenant !— T’as trop hâte de retourner sous la couette ?— Bah, plutôt oui, alors arrête maintenant, merde ! Garance, tu me déranges sérieusement !— Mais c’était si bien que ça ? Si impératif ?— Oui, moi, madame, ça fait six mois que j’ai pas couché !— Mais tu te le fais toute seule quand même ? Je veux dire depuis six mois ?— Oui, ben, évidemment !— C’était quand la dernière fois ?Nous voilà débridées totalement, on parle tranquillement de nos affaires intimes ! Mon désir tendu et ardent n’arrange pas ma discrétion.— Je sais plus, ah si je sais mais t’as pas à le savoir !— S’il te plaît, dis-moi, que je voie qui tient le plus longtemps sans !— C’était samedi soir dernier, j’ai lu un bouquin où la nénette le faisait sous la douche, alors je l’ai fait !— Ouah ; on est jeudi, ça fait six jours !— Et toi alors ?— Moi je l’ai fait… hier matin !— Mais quand ? Je suis venue te réveiller parce que ton réveil n’avait pas sonné ?— Dans la douche, idiote !— Mais comme ça, juste avant d’aller au lycée ?— Bah oui, comme ça ! Bon ! La photo ? Que j’aille dans ma chambre comme tu dis !— Prends mon ordi sur le bureau et laisse-moi !— Tu vas le faire ?— Si tu ne me coupes pas mon plaisir en restant là, oui !— Hihi, Amélie ça me fait tripper, les deux filles de la maison qui s’envoient au septième ciel en même temps !— Peut-être pas en même temps, avec Bastien tu vas y aller vite fait, et moi comme une conne je vais durer longtemps !— Bah, pourquoi tu regardais pas la photo ce matin ?— Parce que je l’ai jamais fait en regardant Bastien tiens !— Bah c’est pas trop tard !— À moins de faire le transfert pour que tu aies la tienne, ce qui va prendre longtemps à mon goût, je vais pas mater la photo ce matin ! Je commence dans pas longtemps moi, madame.— Bah t’as qu’à la regarder avec moi ici ?Voilà que ma sœur m’invite à ses fantasmes en sa présence ! Je suis une grosse folle. Mais si nos dialogues furent parfois hard, jamais nous ne nous étions vues mutuellement en action ! Elle se lève lentement, prend mon ordinateur portable, le pose sur mon lit et s’allonge sur le ventre. Elle allume la machine. Je lui dis :— Mais tu vas rester là ? Je vais faire comment, moi ? Je vais dans ta chambre ?— Non, tu viens là, à côté de moi, on regarde la photo et hop !— Mais je vais pas me caresser avec toi à côté, je gémis moi, je le fais attentivement, donc…— Mais moi aussi je gémis, tu crois quoi ? Je vibre, je tremble, j’explose ! Viens donc là, merde !— Mais enfin, Garance, honnêtement ça me gêne, ça va me faire trop bizarre !— Je croyais que Mélie était impudique ?— Bah t’es ma sœur quand-même !Elle cliqua sur mon dossier « photos » et agrandit la photo de Bastien. Mon Dieu ! Qu’est-ce que ce garçon m’avait rendue folle dans ce lit ! On avait fait l’amour plein de fois, de mieux en mieux à chaque fois ! Tout ça pour qu’il finisse par me dire qu’il trompait sa copine et qu’il préférait retourner avec elle ! Et ma sœur qui le convoite maintenant ! À propos de sœur, je la regarde à nouveau : elle est sur le ventre et semble bien décidée à se tripoter sur mon lit. Je lui dis :— Franchement, Gaga, tu vas le faire avec moi dans la pièce ?— Bah c’est rien, mince ! Tu m’a déjà vue toute nue non !— Oui évidemment, mais pas dans une situation comme ça !— Mais de toute façon je vais pas me mettre toute nue alors ça change rien, je peux me faire plaisir sans me déshabiller !Elle éclate de rire, ce n’est pas drôle pourtant. Mais elle m’excite dans son naturel troublant. Oui, ma sœur m’excite. Je lui demande :— T’as jamais refait l’amour depuis ?— Depuis Ludovic ?— Oui ?— Non, jamais. Je t’aurais dis.— Pas forcément, des fois que t’aies été particulièrement inventive. Je suis sûre que si tu faisais l’amour, par exemple dans les toilettes des Galeries Lafayette tu me dirais pas. T’aurais honte de ce que je pourrais penser de toi, hein ? Je sais bien que tu veux que je t’imagine pépère au lit !Elle riait encore plus à présent. Elle demande, secouée de hoquets joyeux :— Tu fantasmes méchamment de faire l’amour dans les toilettes des Galeries ou quoi ? Je n’ai jamais pensé à ça !— Bah, je te vois bien avec Ludovic dans les toilettes pour dames !— T’exagères franchement, j’ai fait l’amour deux fois dans ma petite vie merdique. Deux fois cette nuit-là avec Ludo ; tout ça pour me faire plaquer et ne plus connaître ça !— Je te plains pas ! Ça fait encore que deux mois ! Moi, imagine un peu ! Six mois avec mon oreiller, mes doigts ou la douche comme seuls compagnons !Le ton de la plaisanterie était léger. Elle devient pourtant rouge. Elle demande, troublée :— Ton oreiller ?— Oui, mon oreiller ! Tu t’es jamais, machinalement, frottée contre ton oreiller ?— Bah non. Non vraiment pas !— Tu rates quelque chose ! C’est vachement bon, tu le roules entre tes cuisses et voilà, ça marche !— J’essayerai une prochaine fois !À présent elle a les joues en feu. Moi-même je me sens brûlante. Des milliers d’aiguilles foisonnent dans mon ventre. Oh mon Dieu. Je dis :— Bon, chérie, maintenant tu te barres. J’étais tranquille, j’avais mis la musique, la porte était fermée et j’avais une demi-heure ! Et te voilà pour foutre la merde !— Je vais pas te déranger, je vais me faire toute petite !— Toute petite, toute petite, comment veux-tu te faire toute petite avec tes doigts entre tes cuisses ! Tu plaisantes ! Et puis, de toute façon, même toute petite, je peux pas me faire plaisir tranquillos !À ce moment-là, elle se retourne sur le dos, dans un grand froissement de tissu. Elle est jolie, ma sœur. Elle mesure un mètre soixante-neuf, pèse soixante kilos. Elle a les cheveux brillants, noir corbeau et très lisses. Ils lui arrivent un peu au-dessus des épaules. Elle a des yeux très bleus. Un petit nez retroussé, légèrement épais au niveau de ses narines. Des lèvres épaisses aussi, très jolies et un rien aguicheuse. Je suis exactement la même à l’exception d’un grain de beauté sur la lèvre inférieure. Chose inédite mais plaisante selon mes ex-petits-amis… Elle est là sur mon lit, dans son débardeur violet moulant, son jean court qui dévoile son nombril. En chaussettes blanches. Je ne vais pas me mettre à désirer ma sœur ! J’ai presque honte de moi à l’instant. Envie de courir chez un psy et de lui dire « monsieur, monsieur, aidez-moi je regarde ma sœur avec convoitise ! »En plus, regarder ma sœur s’apparente à me regarder. Le désavantage des jumelles, je crois. J’ai l’impression bizarre de faire quelque chose d’interdit ! Pourtant je ne fais rien de mal, on est à trois mètres l’une de l’autre, moi debout sur le plancher et elle alanguie sur le lit ! Elle me dit :— On est des petites connes ! Chacune empêche l’autre de faire ce qu’elle veut ! Moi je suis dans ta chambre, je t’embête alors que t’es en tenue adéquate pour te caresser. Toi tu m’embêtes parce que j’ai pas envie de partir de ce lit ! Il est tout chaud, y a l’ordi posé dessus et je suis doucement tendue !— Pourquoi je suis en tenue adéquate ? Tu penses que ma chemise de nuit noire est une fringue « pousse-au-viol « ?— Bah oui, plutôt ! (Elle me fait un sourire narquois, les sourcils arqués. En tout cas, c’est plus pratique que mon jean culotte.— Bah c’est pas de ma faute si tu t’es habillée, t’avais qu’à le faire avant au lit !— Mais j’attendais la photo !— T’avais qu’à venir me la chercher en nuisette !— Dis-moi, Mélie, tu crois que c’est mal si j’ai envie de cet after maintenant ?— Devant moi, oui !Là, dans un instant épouvantable, elle défait les boutons de sa braguette dans un crissement de métal. Je sens un frisson me parcourir. J’ai envie de quitter la pièce en hurlant « au fou ! » mais en même temps, j’aimerais surprendre ma petite sœur dans son instant magique. Et cette dernière hypothèse me fait peur ! En une seconde des gouttes de sueur perlent sur mon front. Mes mains déjà moites me semblent refroidir totalement et s’humidifier encore plus. Je l’interromps :— Hé ! hé ! Stop, Garance ! Tu fais quoi là ? Moi j’ai rien demandé !— Bah je fais rien, ça me serre c’est tout ! J’ai trop de kilos ! Et puis tu m’as déjà vue enlever mon fut’ à la piscine ou à la gym ! Et dans la maison de vacances pour bronzer ! Ça t’a jamais fait cet effet-là ! Pourquoi tu râles ?— Oui, mais dans la maison de vacances ou à la piscine, que je sache, t’avais pas le projet de t’offrir un after !— Bah, à la piscine je dirais pas non, dans les cabines privées, ça peut être marrant, non ?— Gaga, t’es la plus pure dépravée que j’ai jamais vue ! T’es un scandale sur pattes.J’aurais voulu que mon ton soit détaché et un tantinet rouspéteur mais ma voix est chevrotante, un peu émue et cassée plus qu’autre chose. Garance réplique :— Ça fait dix minutes que je suis là, donc dix minutes que tu crèves de faim ! Ça a bien dû retomber !— Non, figure-toi ! Ça grimpe de minute en minute !Elle tend son bras vers ma chaîne et pousse encore le volume. La guitare électrique résonne dans la chambre, couvrant presque nos voix. Elle écarte les pans béants de sa braguette et tortille son bassin pour baisser son jean jusque sur ses cuisses. Sa peau grassouillette et dorée, parsemée de petits grains de beauté est délicieusement enivrante à mes yeux. Merde ! Je n’ai jamais regardé une nana de ma vie, j’ai peut-être convoité mes copines bien roulées mais c’est tout ! J’ai l’impression d’être un garçon qui bave devant une femme. Je suis toute rouge, Garance me fait :— Tu vas pas rougir comme ça pour ça ! C’est rien !— Mais… mais… mais je te préviens, t’avise pas de le faire ici ! Ça suffit !Je prends enfin mon ton autoritaire. Elle cesse de relever son débardeur sur sa poitrine. Elle me regarde et me dit :— C’est vrai. Je suis une conne, pardon. Je sais pas… franchement je sais pas ce qui me prend. Excuse-moi. Je m’en vais.Elle se lève, remonte son jean, reboutonne sa braguette. Elle arrange ses cheveux et court vers la porte. Elle déverrouille le battant et quitte la pièce en coup de vent en refermant violemment la porte.Je reste là debout, vidée totalement. Mon excitation est retombée d’un coup. Comme l’eau du riz qui gonfle et s’affaisse lorsqu’on coupe le gaz. Ma tête tourne un peu. Mais qu’est-ce qui m’arrive ? J’ai honte d’avoir vu Garance comme ça. J’ai honte d’avoir saisi sa dépravation. J’ai honte de l’avoir laissée faire ça, entamer son strip-tease sur mon lit ! Mais merde ! Qu’est-ce qui lui prend ce matin ? Où est passée ma sœur normale ? Celle qui venait dans ma chambre pour discuter des heures sans gêne et sans problèmes !Et puis j’ai aussi honte d’avoir crié. Je ne hausse jamais la voix contre elle. Je ne suis pas son aînée et je l’adore presque viscéralement. Oh mon dieu ! Elle est troublée elle-même, du fait que j’ai crié mais sans doute aussi de ce qu’elle a tenté de faire !Où était le problème, en plus ? Il n’y a pas eu de contacts entre nous, je n’ai rien fait de mal et elle non plus. Il va falloir que j’aille m’excuser. Je suis dépitée. La pointe acérée du désir s’en anadolu yakası escort est allée loin de moi. Mes yeux s’emplissent de larmes. Pardon, ma Garance ! Pardon !Je saisis le portable sous le bras, ouvre la porte et débouche sur le palier. L’immense couloir sombre est bordé de portes. La chambre de Garance est au bout à gauche. L’œil-de-bœuf protégé de fer forgé illumine le dégagement près de sa chambre. Je frappe. Pas de réponse. Je frappe plus fort et dis « C’est moi, ouvre, faut que je te cause ! Je vais pas râler ni rien, ouvre Gaga c’est urgent ! »Elle ouvre immédiatement. Elle devait être appuyée contre le battant à l’intérieur. Elle me fait entrer et, rituel oblige, referme à clé. Je lui dis :— Je t’ai amené l’ordi. Il est en veille sur la photo je pense ! Excuse d’avoir râlé, y avait rien de méchant.— Je voulais rien faire de mal.— Je sais ! Mais on avait pas l’habitude de parler de nos histoires de filles solitaires, alors j’ai été troublée c’est tout. Et comme je me masturbais quand tu es entrée, j’étais encore plus gênée. Mais c’est pas vraiment ce que tu penses ! J’étais gênée de te voir si libérée. Et comme j’allais encore sur mon excitation ça m’excitait encore plus ! J’en avais pas après toi. J’étais frustrée d’avoir dû arrêter et en même temps dix fois plus excitée qu’on en parle !— Je m’en suis doutée !— Bon, alors voilà, je le pose là et tu te débrouilles avec la photo…— Tu fais quoi ?— Je pars, je vais me doucher !— Je t’ai coupée, je suis lamentable— Non, non, de toute façon j’ai plus envie, alors…— Tu vas me laisser seule ?— Quoiqu’il soit arrivé, je t’aurais laissée seule, tu veux pas que je t’accompagne tant qu’on y est !— Pourquoi pas ?Nouvelle décharge dans le ventre. Bien profonde. Je suis une tarée. Je pense que mon seul souhait à cet instant est de partager le plaisir de ma sœur. Merde ! Je vais partir à l’école dans pas longtemps, nous sommes toutes les deux et j’ai envie depuis ce matin de me tripoter. Pourquoi hésiter ? Elle me propose, je dispose. Tant pis si c’est limite i****tueux. Elle est majeure, vaccinée et consentante. Je rétorque :— Bah ok, pas de problème.— Tu… tu plaisantes ?— Non pas du tout, alors, tu nous la montres, cette photo ?Elle soulève l’écran de l’ordinateur, Bastien est là, souriant, bronzé. Elle clique deux fois. Son visage apparaît à taille réelle sur le moniteur. Elle s’assoit au bord de son lit et recommence son strip-tease de tout à l’heure. J’ai encore honte, je me sens toute gênée, mais je résiste. Son jean tombe sur ses genoux, elle remonte son débardeur et le coince sous son menton. Elle glisse ses doigts dans sa culotte et l’abaisse légèrement. Son sexe est couvert de toison brune. Le mien est rasé. Petite différence. Elle enfourne son index entre ses grandes lèvres et il disparaît totalement. Elle s’allonge sur le lit, avec une lenteur exagérée. Elle voudrait m’exciter qu’elle ne s’y prendrait pas autrement ! Quelle aguicheuse ! Je me sens toute chose. Lasse et, en même temps, tendue comme jamais je n’ai été. Je m’approche de son lit défait. Me pose à ses côtés. Mon cœur bat à 200 à l’heure. J’ai les mains moites, les jambes lourdes. La bouche sèche. Elle me dit :— Alors, Bastien t’émoustille ?— Bah… bah… non. C’est toi qui m’émoustilles. Lui je m’en fous. Il m’émoustillait au lit, mais là, franchement non !— Je te fais de l’effet, Mélie ? demande-t-elle d’un air que j’espère surpris et pas volontairement intéressé. Pourtant j’en doute.— Oui, oui. De te voir là, faire ça !Je remonte ma chemise de nuit. Je suis toute nue dessous, bien entendu. Elle me regarde, sourit. Elle dit :— T’étais tranquillos toute à l’heure, toute nue comme ça !N’y tenant plus, j’entame moi aussi un doux va-et-vient sur mon clitoris. Oh mon Dieu, que c’est bon ! Mon plaisir qui avait décru s’embrase à nouveau.Nous sommes là, toutes les deux, en train de nous masturber. Elle ferme les yeux. Oh mon Dieu, qu’est-ce que je fais là ? Ma main se promène entre mes grandes lèvres humides et chaudes, la pulpe de mon index titille ma cerise. Depuis le temps que j’attends le moment où, fondante, je me laisserai happer par le plaisir venu de loin. Mon Dieu, elle est ma sœur, qu’est-ce que je peux être idiote, comment la regarder en face dans nos prochains (rares) dîners en famille ? Et puis zut, tant pis, elle a aussi ses doigts entre ses cuisses et elle ressent la même chose que moi. Le mot « honte » n’existe pas. Elle a son débardeur violet et ses cheveux humides. Je fais bien pâle figure avec ma chemise noire. Bien qu’excitante à en mourir d’après Gaga. Merde, qu’est-ce que je fabrique ! Mon ongle heurte ma peau délicate. Pour un peu, je miaulerais. Garance sait se faire plaisir. Dire qu’elle le fait toute seule au petit matin pendant que je dors encore. J’en suis jalouse, je crois. Dire qu’après nos conversations d’avant dormir, elle s’offre son petit after. Penser qu’elle a pu avoir dans sa carrière de petite branleuse bourgeoise, un orgasme de plus que moi me rend dingue. D-I-N-G-U-E !!Allez, parce que c’est comme ça, je fais « ah » avec un bruit de gorge qui vient de loin. Garance n’arrêtera pas pour autant pour s’enquérir du bien-être de sa sœur. Elle travaille délicatement à se faire plaisir, puis plus du tout délicatement avec un doigt et l’autre. Il ne manquerait plus que les miens et le boulot serait parfait pour tout le monde. Oh non ! Je m’imagine encore participer aux ébats solitaires accompagnés de ma sœur. Le psy, vite le psy. Tout s’emballe, tout va trop vite, impossible de s’arrêter, juste se laisser aller. Pourquoi je ne sais plus écrire ni penser en ordre ? Parce que c’est l’orage dans ma tête ? Je lâche, à qui veut l’entendre, un autre petit « ah ». Garance n’arrêtera pas son lent et insupportable travail. Je sais… elle pourrait crier que je ne me soucierais pas d’elle pour autant. D’ailleurs voilà qu’elle émet un petit halètement que je ne lui connais pas. Parfois à la fin de séances de chatouilles… mais sinon ? Et puis je ne saurais jamais ce qui lui prend lorsqu’elle atteint les cieux. Je suis déçue. Ça me couperait presque dans mon insolite plaisir solitaire. Merde, de quel droit ne pourrais-je pas vivre ce qu’elle va obtenir par ses doigts ? Aïe ! Un voile de perles de sueur s’épanche sur ma gorge palpitante. Mon cœur cogne et s’arrête un instant. Mon ventre s’embrase dans une pluie de cendres chaudes, un tourbillon bouillonnant et bruyant. Les sensations affluent. Comme la pluie qui tombe en cadence dans une chaude, humide et étouffante forêt interdite. Que vais-je bien pouvoir dire à Gaga pour justifier la petite larme qui naît au creux de mon œil droit ? J’ai tellement envie de poser mes lèvres sur la peau dorée et tellement malléable du ventre de la Belle. Justification ? Garance j’ai JUSTE envie de t’embrasser ? Ça ne tient pas debout… À l’aide !Chapitre 2Elle s’est rhabillée à vitesse grand V.D’abord la culotte avec ses doigts mouillés puis le pantalon, deux ou trois boutons. Elle a arrangé son incroyable débardeur violet moulant sur son joli ventre et s’est assise au bord du lit. Les draps défaits. Elle a passé les doigts dans ses cheveux près de ses tempes humides. Comme si elle venait juste de terminer la résolution d’une improbable équation et que le calcul lui avait donné chaud. Juste un zeste de mathématique matinale. Elle m’a regardée ensuite avec les yeux un peu embués. Deux diamants d’un bleu éclatant. Ses lèvres bien remplies se sont décollées l’un de l’autre et elle m’a dit :— Franchement désolée, grande sœur. Allez, je pars au lycée, marcher me fera du bien.Elle a saisi son sac à la volée puis s’en est allée, laissant la porte ouverte et m’adressant un signe de la main sans me regarder. Et moi, Amélie, dix-neuf ans, je suis restée comme une conne sur le lit de ma sœur à fixer le mur devant moi. J’avais le ventre brûlant mais juste assez brûlant pour être rassasiée. Le petit travail solitaire avec mes doigts comme amis s’était bien terminé. Pas seule sous ma lourde couette dans ma chambre mais avec ma sœur, sur son lit, dans sa chambre.C’était une fin originale. Irréelle mais…tellement réelle.Trop tard pour articuler un « Garance, reviens ». Elle était loin. Ma main collante restait mollement avachie sur les draps de ma sœur. Comme j’avais pu détester qu’elle vienne m’interrompre dans ma masturbation.Comme j’avais pu détester qu’on se fâche après sa tentative avortée de strip-tease dans ma chambre.Comment j’avais pu devenir la grande sœur dépravée qui s’était envoyé balader au ciel, assise à côté de sa jumelle ?J’avais juste peur. Peur que Garance ne cesse de penser à ça pendant sa journée de lycée, peur qu’elle en pleure, peur qu’elle ait peur de moi. Je n’avais pas été raisonnable. Du tout. Mais c’était bon ! Sur le lit interdit, celui de Garance. Comme c’était bon de la voir se déshabiller si gentiment devant moi, comme c’était agréable de m’être fourbie en sa présence. Je suis certaine qu’elle avait, elle aussi, pris son pied. Mais elle ne le dirait pas, tout comme je ne le lui dirais pas.Nous étions deux petites pestes. Certainement trop gâtées.Je m’allonge sur le ventre sur son lit. Les draps sont bleus et froissés. Son oreiller est saccagé. Et dire qu’elle jure n’avoir jamais utilisé cet accessoire pour jouer ! Je colle mon nez sur le tissu et inspire à fond. L’odeur de parfum de ma sœur “Flower by K”. Et une odeur douce-amère de sueur. Je pose ma langue sur son oreiller. Me voilà fétichiste maintenant ! J’ai parfois eu peur pour moi mais jamais autant qu’aujourd’hui. J’ai soudain follement envie de fouiller la chambre de ma sœur. Pourquoi ? impossible de vous le dire, mais sans doute pour plonger dans son intimité, au plus profond de ses secrets.Je me lève et me dirige vers son méchant bureau, un meuble à angles droits agressifs. Un véritable bordel. J’ouvre le premier tiroir, elle y a sa broîte à secrets. Son journal personnel dont je lirais bien une petite tranche. Des revues de femmes. Et évidemment une chose sur le sexe.Quelle dépravée ! « 1000 façons de rendre fou un homme au lit ».Je feuillette. Les pages sont abîmées. Je suis certaine qu’elle l’a volé. Il y a également une broîte de préservatifs. Parfumés à la fraise pour les douces papilles de madame. Je vois mal ma sœur pratiquer la fellation à bouche-que-veux-tu. Mais je vois d’autant plus mal l’utilité de l’arôme fraise entre les cuisses. Il y en a un hors de son emballage. Il est déployé. S’amuserait-elle toute seule avec une capote ? Moi-même, trois portes plus loin, dans le fond de mon armoire, j’ai une broîte identique (sans arômes pour moi, merci) dont les locataires ont souvent couvert des objets inadaptés pour les accompagner entre mes cuisses. Gaga s’amuse-t-elle aux mêmes jeux que moi ? Ça serait tellement excitant. Je mets le préservatif dans ma bouche. Sûr qu’elle s’en est amusée d’une façon ou d’une autre. L’a-t-elle utilisé pour visiter le gouffre entre ses cuisses, ou sa bouche, ou ailleurs ? Putain ! je désire ma sœur d’une façon incommensurable.J’ai honte.Mon cœur s’emballe, je cherche à tout prix un moyen de toucher de la bouche un objet qu’elle a touché elle aussi. Je me délecte à faire des léchouilles au goulot de sa bouteille d’eau qui ne comprend pas ce qui lui arrive. « D’habitude elle boit mais ne me lèche pas » se dit-elle. Et puis soudain jaillit l’idée merveilleuse de sa brosse à dents. Je cours vers la salle de bain privative. Le paradis pour la sœur en folie. Serviette de bain, cheveux, brosse à dents et poubelle. Je plonge les doigts dedans. Cotons démaquillants et serviettes périodiques.Mais qu’est-ce que ça peut cogner dans ma poitrine !Je suis certaine d’être à la merci d’un nouvel orgasme psychologique. Elle ne roule pas ses serviettes et l’une d’elles est encore humide. Douce et collante. Je ne vais pas oser le faire ? Et bien si ! Je la pose contre mon nez et ma bouche et inspire à pleins poumons l’odeur écœurante du corps de ma sœur. Orgasme imminent. Ma langue récolte tout ce qu’elle peut trouver, j’en pleurerais presque.Encore ! Encore ! Encore ! réclame mon corps tout entier, mes papilles et mon palais soumis à rude épreuve. Ma chemise de nuit ne couvre rien de moi et je dégouline le long des cuisses. Je trouve une autre serviette périodique humide et la colle contre mon sexe. Mon idée première était sa brosse à dents. Elle est là, dans le gobelet, dégoulinante. Aussi loin que remontent mes souvenirs, aucune pensée du troisième type concernant ma sœur n’a été l’ordre du jour. Comment donc, un matin de mai, ai-je pu à ce point changer ma façon d’être. Ma sœur jumelle me parle masturbation et me voilà prête à bondir dans la plus pure dépravation. Nous pratiquons la relation sexuelle par mains interposées et me voilà totalement dépravée, noyée dans un besoin d’odeurs, de chair et de fluides.Le lavabo est plein de cheveux. Garance et le ménage, ça fait deux. Tout est allé tellement vite sur son lit, si j’avais continué seule à me caresser dans ma chambre je n’aurais pas eu l’impression de n’avoir pu me concentrer correctement sur mon plaisir. J’étais focalisée sur la puissante présence de ma sœur au point d’en oublier le point culminant de mon plaisir. Je ne sais même plus comment c’était ! J’en regrette presque de n’être pas restée parfaitement solitaire sous mes draps. Au moins mon esprit n’aurait pas cavalcadé à plus de cent à l’heure et j’aurais excellé en matière orgasmique.Quelle bêtasse je fais, me gâcher le seul vrai plaisir de la vie. Mais, en même temps…J’ai envie de me taper Gaga tout de suite. Dans mon âme tourmentée et probablement obsessionnelle, tournent mille et une façons de capturer ma sœur et de la faire venir dans mon lit. Il va falloir y réfléchir sérieusement. Comme un trophée de guerre, je récupère la serviette humée et celle fichée entre mes cuisses et quitte la salle de bain, tâchant de remettre la chambre garancienne en ordre. Je ne suis pas si vilaine que ça, la petite fouille de l’antre de ma sœur ne m’a pas amenée jusqu’à l’orgasme. C’est repousser pour mieux sauter, comme dirait l’autre. Quoique « sauter » ne soit pas vraiment…Comment tuer le temps à présent ?Je n’ai qu’une idée en tête, revoir Garance et en reparler. Je ne l’ai même pas touchée, je n’ai pas de bile à me faire ; pourtant je suis tiraillée entre la sensation d’avoir fait quelque chose de mal et la douce angoisse de retenter ma chance. Je grimpe dans ma propre douche, décidée à en découdre avec les traces dégoulinantes sur le haut de mes cuisses. Le jet brûlant du pommeau me fait décrocher quelques minutes. Je m’habille à la hâte, jean serré, tee-shirt noir moulant avec quelques paillettes argentées sur le devant. Ce dernier n’arrivant bien sûr que quelques centimètres au-dessus du nombril. Je coiffe mes cheveux noirs, enfile une paire de “Converse” vertes et quitte la maison en saluant Danielle, la femme de ménage.Le trajet jusqu’à l’école de déco me fait longer la voie du RER et son trottoir bondé. Je mate toujours les garçons, c’est comme ça depuis longtemps et je me demande si ça changera un jour. Mon baladeur sur les oreilles, mon air de « déjà-prise » et me voilà inaccessible. C’est totalement con comme comportement puisque j’ai envie de choper un mâle, mais je veux avoir tout le loisir de choisir. Alors je me reconnecte à la terre quand une proie est en vue.Il y en a une qui traîne à ma hauteur.Un grand blond mince et super bien fringué.Je m’accorde un bruit sourd et inaudible réservé aux femmes devant leurs proies…ou aux chiens. Il ne lève pas les yeux et me voilà seule. Ah non…j’oublie Garance. Je ne tiens plus, je sors le portable, compose un 06 11 et quelques chiffres. Il est onze heures quinze. Garance et moi commencions à heure pile. Tant pis si j’arrive encore en retard, de toute façon c’est mon plus gros défaut. Je me prends à souhaiter que la Gaga en fasse autant pour que j’ai une chance de l’avoir au téléphone. Elle décroche :— Ma Ninie ? T’es pas en cours ?Putain ! j’adore quand elle m’appelle « Ninie », surtout maintenant.— Ma chérie, c’est Mélie. Je pars à l’école. Dis-moi, je sais pas comment te dire ça mais depuis tout à l’heure je suis un peu déboussolée.— Ah…— Oui, ne le prends pas mal, mais ce qu’on a fait me tarabuste en peu, je…je…j’espère que tu n’es pas choquée ou quoi que ce soit ?— Ma grande sœur se soucierait-elle de mon état psychologique ?— Bah…je me doute que t’es pas à l’article de la mort, mais je voulais m’assurer que…— Mélie ?Elle prend sa petite voix toute douce, comme celle qu’elle utilise quand je viens lui dire bonne nuit et qu’elle est déjà au lit « Mélie, tu peux arranger ma couette siti plaît ? ». Argh.— Oui, ma Ga ?— Moi aussi je suis un peu déboussolée. Mais pas dans le mauvais sens.Je ne sais pas ce que j’ai vraiment envie d’entendre.— Mon chou, moi non plus c’était pas dans le mauvais sens. Simplement j’y repense. Ça me saoule un peu, ça s’en va pas. Je t’ai même pas demandé si t’avais eu une fin grandiose ?— Et toi ?— Dis-moi d’abord…— Je me sentirais coupable de te dire « oui » si tu me disais « non »— Tu sais bien que je vais dire « oui ». Tu m’as pas entendu gémir.— T’aurais pu simuler.Elle part d’un grand éclat de rire.— À quoi ça me servirait ? À part accompagner un mec dans son dernier instant. Mais avec toi ?— T’aurais pu penser que ça me plaisait de t’entendre.Elle m’ouvre des boulevards. Cette conversation faite de non-dits et de sous-entendus notables m’est infiniment sexuelle. Je tente :— Et c’était le cas ?— Mélie, je vais devoir aller en cours. Je travaille, moi, contrairement à d’autres…— Tu n’as pas répondu…— À ton avis…? Ton bien est mon plus grand plaisir.— Ga, je peux te demander un truc ?— Yep ?— Est-ce que je te dégoûte ?Je ne sais pas pourquoi je demande ça. Ni dans quel sens. Je rajoute :— Je veux dire physiquement, et psychologiquement aussi si c’est ce que tu penses.— Mélie, me fais pas de psy au téléphone, j’aime pas quand t’es comme ça.— Dis-moi, je t’en prie.— Non et non.Un petit souffle rauque. Elle rajoute avec une agressivité contrainte :— T’es contente ?— Oui. Ga…(je brûle intérieurement). Je dois te demander. Si on s’étaient touchées, ça aurait été grave ?— Gravissime, mon petit poussin. Gravissime.— …— Mais non, je blague. Allez, chérie, gros bisous baveux, je te laisse.— Tu m’as pas dit pour ta fin grandiose…— Brûlante serait le terme juste. Ciao…Et elle me raccroche au nez. A-t-elle réellement saisi le sens de ma question ? Je m’installe moi aussi en cours. Obligée de saluer les potes alors que je suis à des milles et des milles de toute civilisation normale. En plein milieu du cours « d’optimisation de l’espace intérieur » mon téléphone grésille.Vous avez un message de Gaga :”Si tu brûles tan que ça ddans ta ka faire un tour ds les toilettes de ton école de riche soulage toi te plu a 1 fois près ;)”Me voilà rouge cramoisi au milieu du cours. Ma voisine Stéphanie me demande :— Ben, Amélie ? Tu viens de parler à Dieu ou quoi ?Et le professeur d’intervenir :— Mesdemoiselles Stéphanie et Amélie, voulez-vous bien vous taire. Amélie, je ne savais pas que l’architecture intérieure te faisait autant d’effet. Mais c’est bon signe.Toute la promo se marre et je n’en deviens que plus rouge. Voilà que ma terminale de sœur se met à entretenir une conversation érotique avec moi. Elle ne sait pas que le feu me dévore. Je me pose une question folle : « Et si c’était pareil pour elle, si désormais un rien l’émoustillait, si elle aussi avait envie de ce dont j’ai envie. »Elle va rentrer à midi de son lycée. C’est décidé, je sèche mon après-midi.Le temps passe entre interrogations et excitation ambiante et enfin je m’en retourne chez moi. Fini le baladeur et le plan « recherche masculine », je trace mon chemin, coupant à travers la ville. Il est 12 h 23 quand j’arrive par la porte de derrière. Le petit cagibi carrelé sert de dépôt à chaussures, je tente de trouver celles de Garance dans l’élevage disséminé à terre. Elles sont là. Elle est rentrée. Je monte l’escalier quatre à quatre et la trouve sur le palier en train de ramasser son sac de cours. Elle me dit :— La courroie s’est cassée, quelle saleté.Je m’accroupis et elle me demande tout de go :— T’as reçu mon texto ?— Oui. Et si tu veux tout savoir, je ne suis pas allé dans les toilettes.Ma main accroche la sienne qui ramasse un livre sur plancher. Ses doigts sont doux, fins et soyeux. Ses ongles blancs sont parfaitement limés. Elle lève un œil bleu vers moi, à-demi masqué par une épaisse mèche noire qui barre son visage. Elle questionne, sourcils arqués :— Ça ne va pas mieux ?Mon cœur ne fait qu’un bond, un saut de géant dans ma poitrine. Record du saut en longueur pour cette année. Je ne sais pas si c’est un reproche, ni comment l’interpréter. Je bafouille :— Je…je— Oui, je sais, Amélie. Mais faut que tu te calmes, je ne suis pas un jouet.Mon cœur s’arrête cette fois. Qu’est-ce que j’ai bien pu faire ? Je tente mollement de m’expliquer :— Garance, ce n’est pas ce que tu crois.— Allez, ma puce, je te dis juste de ne pas jouer. Dis-le moi franchement.Elle m’offre le droit à une réponse « J’ai envie de toi » mais que pourrais-je bien lui dire d’autre ? Je cherche vainement.Et soudain c’est le drame. Avec un petit cri sauvage très félin, Garance me griffe le dessus de la main et se plaque contre moi. Je tombe à plat dos sur le plancher du palier. Elle passe ses cuisses de chaque côté des miennes et écrase son bassin contre le mien.Il faut, pour rajouter une larme de piment, que le ventre de Garance mis à nu par son court débardeur vienne s’ajuster exactement sur ma propre peau, découverte par mon haut noir. Je dois avoir l’air ahuri le plus complet. Ma respiration se trouble, mes cils clignent presque convulsivement, mon regard ne pouvant se poser ni sur le plafond ni sur le visage de Garance.Je passe en un instant du rôle de « morte de faim » à celui de biche apeurée qui galope pour échapper au loup. Mais la louve me retient et pose ses lèvres humides sur mon front. Elle sort un petit bout de langue qui fait pression sur ma peau. J’ouvre les yeux. Ceux de Garance sont au-dessus des miens, argentés ou gris selon l’instant. Je ne peux pas parler. Elle saisit délicatement mon nez entre ses incisives et glisse encore sa langue pour exciter mes narines. L’instant tragique s’approche douloureusement.Il sera trop tard pour revenir en arrière ou dire « non, nous ne l’avons pas fait ! » Je me souviendrai toujours de ce moment délicat.Voilà. C’est fait.Garance pose ses lèvres sur les miennes et entrouvre la bouche pour épouser la mienne. C’est délicieux. C’est tiède, humide et collant, c’est tellement profond que ça me semble infini. Ma langue serpente entre ses dents et aiguillonne la sienne. Tendue, battante. Je pousse puis me laisse faire, résiste puis m’offre. Nos lèvres se cherchent. Mon ventre pétille. Je dégage difficilement mes mains de l’amas de tissus empêtrés pour les glisser dans la chevelure noire de ma sœur. Elle écrase sa poitrine sur la mienne, nos seins se tourmentent. À bout de souffle, je me dégage de son baiser avec un petit bruit humide et aérien. Je cligne encore pour disperser le brouillard émotionnel et Garance murmure :— Bien joué, ma puce.Nouvelle explosion dans ma chair. Des pas résonnent dans l’escalier, Garance se redresse en s’appuyant sur ses paumes, elle tente de se dégager mais Danielle surgit sur le palier. Elle nous dévisage bouche bée. Je tourne la tête difficilement pour l’apercevoir à l’envers et lance d’une petite voix (qui se voulait ton enjoué) :— On ramasse les cahiers de Garance, cette saloperie de sac à lâché.Pas dupe pour deux sous, Danielle s’offusque :— Mais qu’est-ce qui se passe ici ? Ne me prenez pas pour une conne !Usant de notre grade de « filles de ses employeurs » et animées d’une symbiose gémellaire, nous répliquons d’une même voix :— Mêle-toi de ce qui te regarde, ok ?— Mêle-toi de ce qui te regarde, d’accord ?Garance se lève, me permettant de me dégager, je l’agrippe par le poignet et l’amène dans ma chambre. Danielle continue de brailler alors que le montant claque sèchement.Toujours animée de notre osmose gémellaire, Garance m’agrippe par le débardeur entre mes seins et me balance contre le montant de la porte. Le choc produit un bruit sourd et expulse l’air de mes poumons. Elle me capture ainsi entre elle et le panneau, verrouillant la prise en posant ses mains sur la porte de chaque côté de ma tête.Elle recommence à m’embrasser le front, dévorant tout sur son passage, mes paupières fermées, mon nez, mes lèvres puis mon menton qu’elle mordille. Je suis presque apeurée de voir avec quel tact elle mène la danse. Ses mains virevoltent et atterrissent sur mon coin de ventre dénudé. Elle soulève le tissu jusqu’à mes seins et se laisse choir à genoux. Son visage se plaque contre mon ventre brûlant.Mon Dieu, que c’est bon !Ses sourcils durs qui agacent ma peau, ses cils qui se font plumes pour envoûter ma chair et ses lèvres. Argh. Ses lèvres fermes et collantes s’en vont chasser autour de mon nombril, m’arrachant un petit cri sourd. Elle arrête son périple exaltant et se redresse. Parlant tout contre ma bouche elle questionne :— Qu’est-ce que tu aimes plus que tout ?Je réfléchis, apeurée. Survoltée. Comme si un orage grondait en mon corps. Et rétorque :— Toi !Danielle frappe à la porte et continue à demander :— Les filles, je veux vous voir !J’écarte Garance avec grâce dans un pas de ballet et entrouvre le battant :— Fous-nous la paix, d’accord ! Oublie ce que t’as vu ! Ok ?Je referme la porte et tourne la clef deux fois. Ma sœur est là, debout, les yeux embués par ma dernière parole :— Toi !Je la pousse à reculons vers mon lit défait. Celui où elle s’est assise anadolu yakası escort ce matin, où tout a commencé. Elle tombe adroitement sur l’épaisse couette et je m’allonge sur son corps.Tellement identique au mien.Et je l’embrasse, comme une folle, encore et encore, possédant ses lèvres, sa langue, sa salive. Je tâte ses joues, son palais. Mes mains se promènent dans une pagaille de cheveux noirs. Je tente de retirer son débardeur dans les règles de l’art mais il résiste. Mes ongles griffent son ventre dur et le tissu cède dans un crissement atroce. Elle pouffe de rire devant mes mains tenant chacune un morceau de débardeur. Ma bouche plonge dans sa poitrine, elle ne porte pas de soutien-gorge, comme à son habitude, crois-je savoir. Ses seins sont fermes et blancs en comparaison de sa peau dorée par le soleil de mai. Ils sont parsemés de tâches de rousseur, comme chez moi. Je mordille son téton droit, découvrant la meurtrissure gauche, suite d’un accident de vélo il y a deux ans. J’embrasse délicatement cet endroit, elle me repousse et me dit :— J’aime pas ça, j’ai peur que ça te…Je rétorque, à bout de souffle, perdue dans l’odeur de son corps :— Ça me fait rien du tout, t’es chou, ma chérie.Et je visite sa cicatrice avec ardeur.Elle se laisse porter sur les flots et s’abandonne. Lorsqu’elle émerge un court instant elle m’implore :— Déshabille-toi….Je me redresse et ôte mon débardeur et mon soutien-gorge. Garance se livre à un jeu de langue sur ma poitrine et je me retrouve bientôt le front perlé de sueur. Nos jeans cèdent devant nos mains affolées mais nous n’avons pas le courage de leur faire passer le cap des genoux. Engoncés dans ces entraves, nos corps roulent sur le côté. Je tire la couette sur nous. L’intimité brûlante avec Garance me convient bien, à elle aussi à en croire ses murmures de ravissement.La température monte encore dans notre caverne de tissu.Il y fait noir, mais je ne suis pas perdue, je suis les courbes rassurantes de son corps humide, le pli de l’aine, puis la face interne de sa cuisse du bout de la langue. Elle agrippe mes cheveux et tente de me faire happer son entrecuisse. En bonne résistante je continue ma progression vers les muscles de ses jambes.Sa cheville si douce…Je sens les veines saillir sur sa peau. Mes mains caressent ses cuisses moites. Je sens les poils de son bas-ventre flirter avec mes lèvres. Ma langue se jette dans l’abîme. Je vous passe les détails de cet instant ou rien n’est plus important qu’Elle. Elle ne tente même plus de plaquer mon visage sur son sexe, ses mains traînent sur ma nuque.Elle sait que je ne m’en irai pas.Elle sait que jamais je n’arrêterai.Elle se livre avec un petit bruit, son ventre se tend vers moi et elle retombe. Je continue encore un peu et remonte vers elle, le menton brillant de sa magie humide. Je pose mes lèvres sur les siennes, elle ne dit rien. Trouvant encore la force d’honorer ma sœur, je sens ses doigts s’insinuer en moi. Avec délice. Depuis ce matin, j’ai envie de la voir m’envahir. C’est chose faite. Elle sait où se trouve ma raison d’être et elle caresse, elle caresse, encore et encore. Je plonge, je hurle intérieurement. Tout n’est que sensation. Et je fais le spectacle. Là où elle s’est montrée digne, je m’empresse de répéter :— Oh, ma Ga, Garance, ma chérie…Et soudain tout est fini.L’émotion s’en va dans un feu d’artifice. Tout est rouge, rien ne va plus. Je la prends dans mes bras, tout contre moi. Elle se love dans l’enclos de mon corps. J’embrasse sa joue très longtemps en la berçant. Je la cajole. Je la tiens. Rien ne compte plus que ça.La tenir.La toucher.Qu’allons-nous devenir ?Chapitre 3Et après ?Quarante-cinq minutes de voiture sous le soleil. J’arrête la Mini Cooper. Chaleur épaisse qui enveloppe mon corps et cuit ma peau à petit feu. Il est déconseillé, ou peut-être même interdit de conduire avec ça et pourtant… Baladeur numérique dans les oreilles et Vertigo de U2 crachant ses décibels au cœur de mes tympans, je remonte l’allée de graviers rouges d’un pas décidé. En lunettes de soleil, short blanc et débardeur noir, en ordre de marche je suis. Je déverrouille la porte verte qui mène dans l’arrière-cuisine ensoleillée, lance mon sac en velours sur le carrelage et virevolte autour de la table à la recherche de boisson fraîche. Ouverture du réfrigérateur et fermeture de la porte d’un coup de talon, je m’abreuve de jus d’oranges au goulot. Moitié dans la bouche, moitié sur le menton et sur le débardeur. Façon exquise et sale d’entamer la fin d’après-midi. Pour cette première semaine des congés d’été, tandis qu’autorité parentale et personnel de maison restent végéter à Paname, ma sœur et moi-même, en téméraires jeunes filles, profitons de notre première semaine de vacances dans le sud de la Corse dans la seconde demeure familiale.—oooOooo—Chers habitués, je m’excuse du désagrément encouru, mais je me dois de me présenter, pour les nouveaux arrivants, les anciens sans mémoire et les retardataires…J’ai dix-neuf ans et quelques mois, je suis intermittente des études dans la catégorie « architecture intérieure » et je m’appelle Amélie. J’ai la malchance d’habiter à l’occasion à Rueil-Malmaison chez des parents trop stricts. Mon père, voyageur au-dessus des flots et des comptes bancaires est directeur d’une société d’exportation de carburants. Il s’appelle Pierre-Alain, mais est connu dans le milieu sous le nom de « Du fric, du fric et encore du fric ». Ma mère est directrice d’un centre de loisirs aquatiques en plein Paris. Ma mère ? Ah oui ! Tiens, c’est elle ! Des fois je suis obligée de regarder des photos pour me souvenir de son visage. Absence parentale oblige.J’ai une sœur en terminale (redoublante chronique). Une sœur jumelle. Même jour, même année, même endroit. Elle est sortie du ventre de ma mère trois minutes après moi. Je suis l’aînée. C’est cool. Elle s’appelle Garance. Nous sommes proches. C’est mon rayon de soleil dans la famille. Elle m’amuse, me ravit, m’encourage dans mon peu de travail. On rigole, on danse, on craque le fric de papa toutes les deux. C’est ma petite sœur chérie que j’adore. Nous sommes complices, elle sait presque tout de mon intimité, mes relations conflictuelles et chaotiques avec les mecs. Je sais presque tout de la sienne.—oooOooo—Voilà pour les présentations, j’aurais pu entrer dans un remake d’une famille formidable, mais avec les mains collantes de jus de fruits je m’en retourne à une tâche plus matérielle : ouvrir mon sac et en extraire les achats. Deux heures sur des routes étroites pour revenir de Porto-Vecchio, tout ça pour une malheureuse fringue ! Quel gâchis ! Glissant le tee-shirt bleu (modique somme de 14 euros) par-dessus mes cheveux noirs, je m’observe dans le miroir du couloir : un mètre soixante-neuf pour soixante kilos. Cheveux brillants, noir corbeau et très lisses qui descendent un peu au-dessus de mes épaules. J’ai les yeux très bleus, un petit nez retroussé légèrement épais au niveau des narines et un grain de beauté sur la lèvre inférieure. Ma sœur, ben ma sœur… c’est la même. Sans le grain de beauté sur la lèvre et avec une cicatrice excitante sur le sein gauche. Oui, oui. Je l’ai vue. Je pose de face, de profil et de dos devant le miroir, en rentrant le ventre, en rehaussant mes seins et en posant d’une façon aguicheuse les mains sur mes hanches. Soudain ma sœur jaillit de sous la voûte qui mène du couloir au salon. En short en jean décousu, mini tee-shirt gris foncé effet mouillé par endroits et débauche de peau pour le reste, elle s’affale sur le carrelage frais et me regarde en contre-plongée :— Ben mon Am’ (à prononcer comme le jambon anglais et non comme l’âme) c’est pour acheter ça (air dédaigneux) que t’as abandonné ta sœurette si longtemps ?— T’aimes pas ? Ça fait été chaud, chaud, chaud. J’aime bien, en plus le bleu va avec mes sandalettes !— Toujours à vouloir assortir tes machins, on est à la plage ici, relaxe baby ! A propos de plage, je m’en vais faire un tour dans la piscine, tu m’accompagnes, je suis sûre que tu veux jouer au ballon !Garance a cette façon de changer de sujet et de faire glisser la conversation vers tout à fait autre chose. J’enlève mon tee-shirt bleu, agrippe la main de ma sœur pour l’aider à se lever et nous voilà bras dessus bras dessous marchant vers la piscine du jardin. Elle descend les marches qui mènent au bassin et se jette à l’eau sans prendre la peine d’enlever ses vêtements. Après tout, c’est Noël, je plonge aussi. Je m’allonge sur un matelas pneumatique pendant que ma sœur se prélasse adossée au bord du bassin. Ballottée par le clapotis de l’eau, mon esprit s’apaise. Le lent mouvement des flots et la chaleur ambiante me transportent vers de calmes pensées.—oooOooo—Samedi de notre dernière soirée parisienne avant fermeture pour congés annuels. Il est près de sept heures du matin. Nous sommes allées en fête quelque part dans un endroit bruyant et bondé. Les corps se collaient, les lumières blessaient les yeux et l’alcool enivrait les esprits. Je regarde Garance, dix-neuf ans et toutes ses dents. Majeure et vaccinée. À l’origine aussi brune qu’un trou noir, mais agrémentée d’un vertigineux rouge safran. Aussi yeux bleus que la mer des Caraïbes. Elle les a gonflés, auréolés de traces noires, vestiges d’un monument de maquillage érigé pour l’occasion. Ses lèvres sont redevenues roses pâles. Il me semble qu’elles étaient blanches au début de la soirée d’hier. Des images bizarres me reviennent, mélange de clichés flous et de scènes monstrueusement nettes. Garance, le bruit, les verres, la foule, la chaleur, les basses, les cris. Comment suis-je rentrée à la maison ? Le rideau noir rechigne à se soulever sur l’historique de ce soir-là. Une drôle de musique saccadée et inquiétante résonne dans ma tête. Mélange de flash-back enchaînés et d’instants saisis au vif. La porte rouge qui s’ouvre, mon corps qui heurte le mur. La soirée devenue folle m’a entraînée une nouvelle fois sur le chemin hasardeux qui mène à désirer le corps de Garance. Pas besoin de me rappeler les premières fois pour comprendre que j’ai dû… encore avoir envie d’elle ce soir-là. Pourtant, je me remémore sa façon… abjecte… de se déshabiller dans ma chambre il y a de ça quelques semaines.Eh oui… pour les néophytes je me suis tapée ma sœur ! Pas besoin de faire un effort pour que reviennent les souvenirs de cette matinée tragique où elle m’embrassa dans le couloir et où le lit devint champ de bataille pour filles consentantes.Ce matin nous sommes avachies dans le canapé, « entre le sommeil et dormir ». Je la scrute, curieuse et un rien inquiète. Elle reste silencieuse, me dévisageant les yeux à demi clos. Les lèvres collées dans un mélange cruel de composition approximative.Nouvelle image aveuglante qui frappe mon esprit. Mes mains sur une chemise à rayures. Une valse virevoltante et le corps qui porte ce tissu de venir s’échouer sur un mur de carrelage. J’intensifie mes efforts, cherchant parmi les souvenirs éparpillés en mosaïques pour tenter de retrouver les pièces du puzzle. Piocher une photo punaisée au mur, parmi la centaine d’autres, hautes en couleurs et criardes. Garance dans sa chemise blanche rayée de noir. Son jean serré, son blanc à lèvres collant. Une débauche de lumières. Les verres qui s’entrechoquent dans le dancing. Et là, dans ce réduit nommé toilettes, j’att**** à pleines mains la chemise de Garance et l’attire à moi. Entraînée par mon élan, elle manque de trébucher et s’écrase contre moi. Sensation défendue, sa poitrine qui se colle contre mes seins sous sa chemise tendue, cachant un paradis voluptueux qu’il me tarde de dévorer. Les corps ondulent, oscillent dans la moiteur de l’endroit et alors que j’amorce un baiser, un ami qui passe dans le réduit l’emporte vers la piste de danse. Poignardée dans le dos que je suis !—oooOooo—Mon matelas chavire et je tombe à l’eau. Electrisée par le contact du liquide tiède sur ma peau brûlante, j’en ai momentanément le souffle coupé. Garance, rieuse et contente d’avoir sabordé mon embarcation s’esclaffe, debout à mes côtés avec de l’eau jusqu’aux seins. Son tee-shirt gris colle à sa peau et fait apparaître sa poitrine tendue. Sa peau mouillée luit, zébrée des reflets du soleil sur la surface de la piscine. Il pourrait y avoir en moi à cet instant, comme les prémisses d’une excitation naissante. Ma jumelle et moi-même, seules au milieu de nulle part. avec le poids du passé i****tueux qui nous hante. En fait, je me demande si chacune ne considère pas sa sœur comme un jouet potentiel. Attendre que le temps passe en sachant que si l’occasion se présentait… l’inondation d’adrénaline serait à portée de mains. Et l’occasion se présentait plutôt bien, noyées dans la piscine. Envahir la bouche de ma sœur avec ma langue.Elle questionne tout en triturant mon avant-bras du bout des doigts.— Est-ce que parfois tu y repenses ?Immédiatement je sais à quoi elle fait allusion. À ce matin de mai, il y a trois mois de ça. Ce fameux matin où elle est entrée dans ma chambre quand je me livrais à une petite activité en solitaire. J’avais interrompu mon aventure et nous avions parlé, parlé, parlé (le ventre en feu j’avais cru que ça ne finirait jamais) avant que d’un tacite accord commun nous nous lançâmes dans une séance de sexe stupide. Chacune, en égoïste orgueilleuse, s’étant déchaînée sur sa ravie petite personne sans se frotter à l’autre. Bon d’accord, environ deux heures après cet événement, d’un nouvel accord sous-entendu et dans un élan de péché de chair, tant désiré depuis cent vingt minutes, chacune s’était finalement abandonnée à l’autre sous les draps. Les images rejaillissent, elles tanguent et se stabilisent. J’acquiesce :— Oui j’y repense. Mais si tu veux tout savoir, miss, avant que tu me mettes à l’eau, je repensais plutôt à notre dernière soirée commune à Paris !— En broîte ?— Ouais. Là-bas même !— Et qu’est-ce qu’il y a eu de si extraordinaire pour que tu y repenses ?— La musique ! fis-je feignant l’imbécillité parfaite.— Ah ouais ? Et d’ailleurs à propos je peux savoir pourquoi tu m’as accompagnée dans les toilettes ? Si la musique te plaisait tant, t’aurais pu rester en piste !— La musique ! Trop, trop bien, marmonnais-je à demi-voix.— Fais pas l’innocente avec moi Mélie !— Ben j’aimais bien ton maquillage.Elle tapote l’eau juste sous mon menton pour m’envoyer une vaguelette en plein visage.— Et ma chemise ? Tu l’aimais bien ?— J’ai arraché des boutons en tirant d’ssus. Je l’aime mieux ouverte.— Si Jonathan n’était pas arrivé quand on était dans les toilettes, tu m’aurais violée ?— Possible…Elle s’esclaffe. J’adore son rire. Il démarre en première, fait exploser le compte-tours et s’arrête en sixième (voiture de luxe. Papa a fait sa deuxième fille comme sa Jaguar). Elle cale toujours. J’aime aussi la façon qu’elle a d’employer des mots des tribunaux pour parler de ce que je lui fais, lui ai fais, lui ferais ou aurais pu lui faire. « Reprise de justesse, délit de sale gueule, viol, vol à main armée, viol à main armée ». Quoique ce dernier n’a jamais eu lieu. À main tremblante, à main mouillée, à bouche que veux-tu ou même à cœur qui cogne, mais jamais, Ô grand jamais à main armée ! J’enchaîne :— Enfin bon, les toilettes faisaient à vu d’œil trois mètres carrés, ça aurait été difficile. On prend de la place.— Dis que je suis grosse !— Je dis que tu prends de la place !— Debout ?— En fait, je ne t’aurais pas violée. J’avais le corps qui vibrait, les yeux explosés et environ quatre grammes. J’aurais tremblé. J’étais impuissante. Incapable de bander. Je t’ai agrippée et attirée à moi pour sentir un peu de chaleur humaine, je crois que j’avais peur au milieu d’autant de monde.Je ricane. Elle s’indigne :— Et ta tentative de m’emballer ? C’était pour la chaleur humaine ?— C’était parce que t’avais vidé mon verre, je voulais reprendre ce que j’avais payé. J’ai passé l’âge de me faire arnaquer. Et crois-moi j’aurais été le chercher loin, le contenu du verre !— Loin comment ?— Loin comme aussi loin que peut descendre ma langue et plus encore !— T’es crade !— Je sais que t’aimes ça.Nouvelle vague en pleine face. J’avale de l’eau par le nez, toussote et éternue.— Je n’avais pas vu les choses comme ça.— Par contre, le lendemain matin, quand on était assise dans le canapé en train de comater… là j’aurais pu te violer.— Ça fait plaisir, dit-elle sur un ton très déçu. Je me fais belle, trois tonnes de maquillage, superbe chemise et tout, douche, shampooing, après-shampooing et tu me veux dégueulasse, gluante et décousue le lendemain matin !— Je t’aime pas quand t’es esthétique ! Je te préfère naturelle le matin au réveil ou après incendie. Ou pourquoi pas après noyade, avec les cheveux mouillés, le maquillage détrempé et la peau fripée. Mais bon, de toute façon, le samedi matin t’étais incendie et noyade réunis.— C’était le blanc à lèvres qui t’excitait ?— Comment t’as deviné ?— Je te voyais. J’avais beau être fortement alcoolisée, endormie, je te voyais me lorgner du coin de l’œil.— Pourquoi tu continuais à faire canapé commun si ça t’ennuyait tant que ça ?— La flemme de monter. Et toi ? Pourquoi tu dégageais pas si tu pouvais pas résister ?— Je pouvais pas me passer du mascara collé sur tes joues et de ton haleine de lendemain de fête !Elle rit. Raz-de-marée sur le visage. Je remplis ma bouche d’eau et lui souffle à la figure.— On a dormi jusqu’à quinze heures, non ? Quand on s’est réveillées, t’avais encore envie ?— Je t’ai pas regardée. J’ai couru dans la douche pour me rafraîchir, j’avais encore deux grammes. Tu ne m’intéressais pas.— Sœur indigne.— Bon, fis-je d’un ton bourru, si, tu m’intéressais encore, mais pas de cette façon-là !— Hum, hum, intéressant. De quelle façon alors ?Un nuage passa devant le soleil. Seul moutonnement gris dans le ciel bleu azur.— Ben moins violemment, je t’aurais juste fait des câlins…— Sinon tu m’aurais pas fait de câlins ?! T’aurais fait quoi ?— Je t’aurais déchiquetée, fis-je avec un clin d’œil.— Tu n’as pas répondu à la question ?— Mais si ! Je te dis que je t’aurais déchiquetée, tu m’agaces !— Pas cette question-là, l’autre !Je refis l’historique de la conversation, parcourant les dialogues en sens inverse. Mais je ne voyais pas.— Laquelle ?— Celle du début. Tu y penses encore au jeudi matin ?— Je t’ai dit oui ! Et puis avec tout ce que tu poses comme questions sur notre soirée à la broîte et tout ça, tu peux être sûre que j’y repense !— Et ça te fait quoi ?Elle regardait le fond du jardin qui descendait en pente douce jusqu’à une forêt de pins qui donnait sur une crique rocheuse. Le regard dans le vide je réponds :— Ça m’excite.Voilà, c’était dit. Trois mois de silence absolu sur le sujet tragi-comique, le sujet de société tabou où il est question de sœurs i****tueuses. Je répondrai aux amateurs de scandales et aux détracteurs du plaisir physique que ma sœur est la même que moi et je ne vois pas où est le mal de faire l’amour avec soi-même ! Puff, les détracteurs critiquent sûrement la masturbation. Bien sûr, le seul but du sexe est la procréation. En chemise de nuit en dentelle, madame doit se donner le soir venu avec la lumière éteinte. À coup sûr en janvier pour espérer que naisse le petit ange en septembre. Pas de sexe avant le mariage (maman si tu m’entends). Ma fille tu épouseras un homme, mon fils tu trouveras une jolie femme. Bien sûr, les détracteurs du sexe pensent chambre de la maison familiale (Neuilly à côté de chez les voisins Familles de France dont les six enfants sont scouts) avant de penser toile de tente. Pensent cheveux attachés et douche prénuptiale avant de penser corps en sueur et chocolat sur les doigts. Pensent ovules et spermatozoïdes, oui Madame vous avez le droit de faire du sexe en chambre, mais pas de sexe en pantalon, vous avez le droit de murmurer le prénom de votre époux pendant le coït, mais l’orgasme est interdit. Sexe biologique. Sexe mécanique. Ne criez pas tout ira bien !Bon, trois mois sans un seul flash-back. Et maintenant je lui avoue que ça m’excite. Elle regarde toujours le fond du jardin. Ses cheveux bruns collent sur ses tempes mouillées. Son ventre nu dispute à sa poitrine le droit d’être couvert par le tee-shirt. Elle revient triturer mon bras. Elle fait bien attention à ne pas planter ses ongles blancs dans ma chair moelleuse. Je donnerais tout ce que je possède pour savoir le fond de sa pensée. Ma voiture, mon tee-shirt, la somme d’argent nécessaire s’il le faut ! Je demanderai l’appoint à papa « c’est pour Garance, je veux savoir si je l’excite aussi ». Je lui demande :— Et toi t’y repenses ?— Ouais, râle-t-elle en mâchonnant un chewing-gum imaginaire.— Et ça te fait quoi ?À la vue de son expression concentrée et de son visage crispé, j’attends une réponse élaborée dans le genre philosophie Garancienne. Elle lève les yeux au ciel (puff, banalité !).— Je kif à donf.Ah.—oooOooo—Bon, y a pas à dire, la piscine c’est cool. Ça évite d’exploser nos précieux pieds sur le chemin qui mène à la plage. Ça évite d’avoir du sable entre les orteils et d’en mettre plein la baignoire. Ça évite de faire copine-copine avec une méduse.Mais la piscine assagit les âmes. On traîne jusqu’à vingt heures dans l’eau tiède en parlant art, culture, éducation. L’influence du gouvernement sur les spécificités régionales et l’utilisation du pigment pourpre dans les œuvres de Monsieur Untel. Bien entendu. On se ferait bien apporter un rafraîchissement par sa sœurette. Mais la sœurette en question veut que les rôles soient inversés et on meurt de soif. Elle meurt en premier parce qu’elle a encore plus soif que moi et je vais la chercher au fond.La piscine excite les foules. On bataille, on se blesse avec le matelas pneumatique (avez-vous remarqué comme les soudures entre les parties supérieure et inférieure piquent ?) on s’agrippe les cheveux, on se lance le ballon jaune en plein visage pour que nos joues soient rouges. Les cuisses se heurtent, les mains s’emmêlent et le brasier naît au creux du ventre.La piscine enflamme les ventres. Le sang est bouillant, il fait un tour, une main se pose sur le ventre nu, il se glace et refait un tour plus doucement. La paroi abdominale palpite, les cuisses se tendent. L’esprit divague sur mille et une façons de copuler avec sa sœur… mais la piscine affame et fatigue.Et il est vingt heures et beaucoup de minutes quand on décide d’en sortir. Le ciel s’est couvert. L’atmosphère pèse plus lourd. La lumière aveuglante devient ombre pesante. L’orage est aux portes de la Corse. Les corps sèchent. Et les nanas rentrent dans la salle à manger / cuisine. Un mélange d’attraction venue d’ailleurs et de banals besoins bestiaux attirent, mais aussitôt repoussent les jumelles.Bon Jovi. It’s my life.Garance a dû pousser l’amplificateur de la chaîne hi-fi dans ses derniers retranchements. Penchée au-dessus du plan de travail, je débite rapidement un concombre et quelques tomates en tranches fines. Ma sœur sur la musique, virevolte en rythme autour de moi, m’apportant l’huile d’olive et le poivre. Le saladier se colore de rouge et de vert, j’adjoins la touche de jaune avec un poivron tranché en lamelles. Mes mains tremblotent et mon ventre cogne. Je manque d’entailler mes doigts à chaque posé de couteau. Ma sœur sort deux verres du placard et court dans le salon pour nous ramener une bouteille de whisky. La meilleure marque de mon père. Sacrilège dirait-il de le boire dans des verres de cuisine et non issus du buffet des grandes occasions. Garance en verse deux larges portions en continuant de danser comme une folle. Pour chasser les démons ? Pour m’exorciser à distance ? Je remue la salade de légumes et pose en son sein des tranches de mozzarella de façon à ce qu’elles baignent dans l’huile. Alors que ma brunette de sœur s’approche pour me tendre le verre, elle ne peut s’empêcher de coller son bas-ventre contre mes fesses. J’ai parfois envie dans ces instants-là de me retourner et de lui asséner une méchante gifle pour qu’elle évite à tout prix de me lancer sur cette piste-là. L’excitation latente cette fois me fait tressaillir et je me retourne, les mains pleines d’huile, bien décidée à lui assener le coup de grâce. Je plaque mes mains sur ses deux joues et la fixe dans les yeux, elle soutient mon regard, amusée, et je bougonne sur un ton badin :— On fait à bouffer espèce de petite garce, on est pas au saloon. Laisse-moi travailler tranquille. Va-t’en jouer dans le jardin sinon on ne mangera jamais !Elle tire la langue et se dégage de ma prise.— Tu viens de me graisser les joues avec ta foutue huile !— Va prendre une douche, ça te calmera.— Je suis très calme, répète-t-elle trois fois sur un air d’opérette.Et de s’en aller le verre à la main. J’avale la moitié du mien d’un trait. Mes yeux s’emplissent de larmes, ma gorge me brûle. Je sens l’alcool enflammer mon œsophage. Du fond de la gorge au haut de l’estomac. La tête va me tourner. Pourquoi l’excitation apparaît aujourd’hui ? Nous étions seules hier soir aussi, nous avons mangé dans la même maison, nous avons batifolé dans la même piscine sans une once de désir. J’ai simplement pensé à notre soirée en broîte de nuit, j’ai évoqué cette dernière à ma sœur. On a vaguement parlé de notre jeudi. Et à l’unisson, le désir s’en est suivi. Enfin…, je suppose qu’il s’en est suivi chez ma sœur. Chez moi il est là. Immense, dressé, tendu et trop abandonné. Chez elle ? À voir ses gestes nerveux et son empressement… Immense, dressé, tendu… À croire que notre unité chromosomique fait notre unité sexuelle. Pourtant, je n’ai pas eu d’orgasme quand ma sœur se faisait sauter par Ludovic dans sa chambre universitaire. Merde ! Peut-être qu’elle n’en a pas eu ?! Panique à anadolu yakası escort bord. Je crie :— Gaga, viens voir par ici ?Elle accourt ventre à terre, les yeux embués par le whisky.— Dis donc, quand tu as fait l’amour avec Ludo, t’as eu un orgasme ?Alle me fixe, les yeux ronds. La bouche entrouverte. Incrédule.— Pourquoi ? (avec une voix qui traîne).— Je me demandais ?— C’est la salade de tomates qui te fait ça ? C’était il y a cinq mois. Tu crois que je m’en souviens !— Oui.— Non.— Si. Tu y repenses chaque soir et chaque matin. Ne dis pas le contraire !— Non.— Si.— Bon d’accord. Oui je m’en souviens. Putain. Son petit lit là… son ventre… ses…— Ga ! Je te demande pas l’historique ! Juste si t’as eu un orgasme !— Oh, bon ça va ! Non ! Pas la première fois, j’ai eu mal !— Et la deuxième ? Si je me souviens bien de ton récit haletant et troublé, la nuit a été longue…— T’appelles ça longue toi ? Deux fois ?! Oui la deuxième fois j’ai eu un semblant d’orgasme ouais. Bon, tu te décides à me dire pourquoi ?— Je pensais que notre gémellité faisait que quand tu jouissais, je jouissais aussi ! fis-je avec un sourire.— Ben à toi de voir si tu jouis le soir, le matin quand tu ne fais rien de spécial. Hé hé !— Madame orgasme souvent à ce que je vois. Tout du moins, plus souvent toute seule qu’accompagnée.— Accompagnée j’ai orgasmé avec toi et avec Ludo la deuxième fois je crois. Et sinon je suis bien obligée d’orgasmer toute seule !— Tss…— À toi de voir si quand on était sur mon lit on a rendu les armes en même temps ! Et quand on était dans ta chambre, était-ce simultané ?Elle sourit. Et je déclare tristement :— Non, malheureusement je ne crois pas.— Pourquoi malheureusement ?— Ben tu sais bien que mon rêve le plus doux est celui d’atteindre le septième ciel en même temps que toi !Le ton était celui de la plaisanterie, mais c’était la vérité. Quoi de plus attrayant que de savoir que l’autre ressent à peu près la même chose en direct et en simultanée ? Nouveau plongeon dans la conversation glissante. J’achève la salade et emporte le saladier d’une main et le verre d’alcool de l’autre. Une fois assise devant la table j’avale le fond de Scotch. Gaga se jette sur la bouteille pour me resservir. Je pose ma main à plat sur le verre pour modérer le geste. À croire qu’elle veut saouler sa sœur. Soudain ça me tenterait bien. J’ôte ma main. Il fait presque noir. Le ciel s’est tapissé d’ombres gigantesques qui roulent, menaçantes et gorgées d’eau. Ma sœur à peur de l’orage. Elle me regarde anxieuse :— Ça va craquer ?— Probablement. C’est un joli accueil pour notre deuxième nuit.— J’te préviens Mélie, s’il y a du tonnerre je viens dormir avec toi !Et s’il n’y a pas de tonnerre ? pensais-je.J’approche son assiette et dépose tomates, poivrons et fromage italien au fond. J’observe son profil, en contre-jour parfait devant la baie vitrée. Son nez droit avec ses ailes dilatées, ses sourcils durs. Sa bouche, petite proéminence rosée et vallonnée sur peau légèrement bronzée. Voilà qu’elle entrouvre ses lèvres. Elles se décollent l’une de l’autre avec ce petit mouvement de peau qui colle d’abord tout en se tendant, se détache et qui finit par revenir à sa place. Bruissement imperceptible de moins d’une seconde, mais horriblement excitant. Elle porte sa fourchette à sa bouche et le poivron jaune disparaît. La fourchette s’éloigne, luisant d’infimes traces de salive et ses joues s’affairent. Elle mange ! Voilà qu’elle mange ! Je laisse échapper un « aah » d’extase. Elle me regarde et abandonne toute tentative de me comprendre. La chaîne stéréo joue Indochine : l’Aventurier. Garance valse des épaules et mon pied bat le tempo. Je mange. Elle mange. Nous regardons l’écran plat, une série américaine. Une fille en robe rouge courte s’amourache d’un garçon blond qui traîne les pieds. Je reluque Garance du coin de l’œil. La salade s’en va vers d’autres horizons et je file vers la cuisine. Il faut qu’elle mange des cerises. L’épisode d’engloutissement du poivron me portait vers de telles hauteurs que je n’ose imaginer la sensation que me procurerait l’avalement d’une cerise. Garance regarde le saladier. Boules rouges, queues vertes. Elle s’amuse, se délecte de cette phrase. Dans un élan sublime, elle porte un fruit à sa bouche. Ses incisives fendent l’aliment qui répand son mortel venin sur les collines roses pentues que forment ses lèvres. Ses doigts (index et pouce) se mêlent au jeu dans un délicat mélange de lèvres, de dents, de jus de cerise, de bouillie de fruit et de doigts humides. Mon ventre explose. Une ligne de tir en profondeur qui partirait du pubis pour remonter au nombril.— Tu m’excites.La phrase claque dans l’air. Les doigts de Garance s’en allant larguer une cerise en bouche suspendent leur vol. Battement de cils. Halètements. Ils reprennent leur voyage et la cerise tombe. Parole humide :— Toi aussi. Depuis la piscine.Ma chaise crisse sur le carrelage quand je la recule. Indochine se tait. Le Cd est fini. J’enchaîne :— Lève-toi !Elle met pied à terre et se dresse entre la chaise et la table. J’attaque. Elle se retourne pour poser ses fesses sur l’extrême bord de la table. Je plane. Je saute. Mes mains saisissent ses flancs. Là où le tee-shirt s’arrête. Mes doigts électrisent sa peau. Ma poitrine se colle contre la sienne. Elle sent le chlore, le parfum, la cerise, la sueur et d’autres choses plus dramatiques encore. Elle sent l’envie, l’extase, le désir brûlant. Sa peau est braises portées au blanc. Nos poitrines s’unissent. Nos visages se font face. Et je la pousse. Ses fesses glissent vers l’arrière et elle tombe à demi plat dos sur la table. Les assiettes s’entrechoquent, les verres chutent. Mes cuisses entourent ses cuisses, j’abats mon bas-ventre contre le sien. Garance sous Amélie. Position du Kama-Sutra. Je pèse de tout mon poids pour la renverser définitivement contre la table. Elle s’affaisse à plat dos sur le bois. Ses pieds quittent le sol. Je m’allonge comme je peux sur sa poitrine. Mes mains lâchent ses flancs. Je pose mes paumes sur le plat de la table et glisse en avant. Le saladier vide chute et se brise. Celui qui contient les cerises chavire et elles se répandent sous mes doigts. Tout ceci en l’espace de quatre secondes sublimes. Mes lèvres se collent à celles qui mangeaient si sensuellement. Je retrouve leur goût, leur putain de chaleur. C’est atroce. Je mordille. J’agonise. Cerise et salive. Je me régale, je m’abreuve, je m’enivre. Une épée ou plutôt un sabre laser avec les batteries chargées à bloc s’enfonce dans ma chair. Garance m’embrasse. J’embrasse Garance. Nos lèvres se serrent, se refusent et se donnent, s’abandonnent et fusent les unes vers les autres. Nos langues fourmillent. Je la visite, je la travaille, je la fourbis, je l’astique, je la racle. Trois mois. Et ce souvenir si lointain d’un baiser. Mes mains se glissent sous le tee-shirt. Sa poitrine est nue en dessous. Mes doigts agrippent, malaxent, travaillent, creusent, caressent, anéantissent. J’excite ses tétons durcis, je pince, je vrille, je blesse. Elle frétille sous moi. Et j’appuie de tout mon être. Je voudrais peser plus lourd encore pour l’étouffer. La capturer. La tuer là. Tout de suite. Mes mains redescendent, quittent le tee-shirt et glissent entre le haut du pantalon et le tissu de la culotte. Je tire, j’arrache. Je pousse Garance du bas-ventre pour la faire s’allonger encore plus à plat sur la table. La bouteille de whisky s’arrête au bord du gouffre. Je l’att****, je dévisse le bouchon et je libère la bouche de ma sœur. On boit. De larges lampées. Et la bouteille tombe sans se casser. Garance occupe toute la table et je me hisse sur elle. À califourchon sur ce corps brûlant. Mes mains passent entre le tissu de la culotte et ses fesses. Je cherche la ligne creuse qui sépare ses deux petites vallées de chair. Mes doigts frétillent. Mes doigts collent, accrochent et avancent encore. Mes doigts visitent doucement et légèrement un petit puits étrange. Et mes mains changent de côté pour travailler ma sœur de face. Ses poils durs. Ses poils mouillés. Un flot d’envie me fait glisser en elle sans un effort. Elle m’engloutit passivement. Mon index et mon majeur s’en vont. C’est étrange le chemin qu’ils parcourent. C’est étroit et soudain totalement offert. C’est doux et liquide. C’est dur et puis plus dur encore. Garance je veux te visiter. Les corps reprennent leurs souffles. Volent le souffle de l’autre tellement les bouches sont proches. Les yeux de Garance sont fermés lorsque j’ouvre les miens. Et ils apparaissent soudain, bleus, totalement bleus. Et nos langues s’emmêlent encore alors qu’ils sont toujours ouverts. On cherche une trace de plaisir dans l’autre, on cherche un peu de réalité dans un regard déjà lointain. Et on referme les paupières. Mes cuisses me brûlent, mélange de mauvaise posture et d’excitation à son paroxysme. Je veux jouir. Mais à une condition. Qu’elle me serre à se glisser en moi et que je puisse hurler son prénom pour qu’on m’entende jusqu’à la lune. Trop difficile à obtenir cette condition ! Alors je ne jouis pas. Je souffre en silence. Sa langue rend les armes et j’attaque son palais. Je voudrais me glisser dans sa gorge et descendre au plus profond de ses entrailles. La connaître de l’intérieur. Manger sa chair palpitante. Mes paupières se soulèvent sous le poids des larmes qui coulent. Ma pensée jouit des souvenirs de nos corps sous la couette de ma sœur. Je veux retrouver cette chaleur avant de laisser mon corps mourir. Je soulève ce corps de jeune fille et chute à terre. Garance s’assoit au bord de la table. J’ai le cœur qui cavalcade à six cents à l’heure. Elle panique, tend ses mains vers mon visage. Je les prends et embrasse ses doigts.— Ça va ma puce, mais la table m’est inconfortable, lui dis-je.— T’avais qu’à te reposer sur moi. Je m’en foutais. Je veux encore !Et le téléphone sonne. Nos regards se croisent. Je lâche ses mains. Je marche jusqu’au fauteuil du salon. Il est posé là. « Maison Paris ».Voilà que le vaisseau-mère s’inquiète du vaisseau-deux filles en manque. Je décroche le souffle court. Bonjour maman ! Ça va ? Oui ? Le temps ? Beau. On va avoir de l’orage. Oui ma sœur va avoir peur ! Tu te souviens qu’elle a peur ! C’est bien maman. Pas trop ennuyées ? Non j’ai fait du shopping et on a fait de la piscine ? Bien mangé ? Oui une salade ? Le régime ? Non maman, ce sont les vacances ! Ce soir ? Faire quoi ?! Du sexe bien sûr, d’ailleurs j’ai une forte envie de m’envoyer balader au ciel là. Ma sœur va m’aider elle sait bien s’y prendre. J’ai le ventre qui pétille. Et puis putain, sa bouche est trop classe. Un vrai luxe. J’y suis si bien. Faire quoi ce soir ? Ben rien de spécial, on va mater la télé ! Mater ? À pardon ! On va regarder la télé ! Me laisser ? Non, non tu me dérangeais pas ! Mais je vais débarrasser la table alors oui, à plus tard maman ! Merci d’avoir appelé ! Tut… tut… tutEt ma sœur de revenir à la charge. Cavalerie dans le salon, elle m’explose à la figure et s’épanche de mille larmes :— Je t’aime Mélie. Je t’aime Mélie. Je t’aime ma chérie d’amour. Je t’aime.Le cœur battait moins fort depuis maman, mais là il recommence.— Oui moi aussi je t’aime ma Gaga.— Bisou ! Fais-moi des bisous !J’embrasse son front, ses oreilles. Je glisse la pointe de ma langue à l’intérieur. J’embrasse la terminaison de ses cheveux sur ses tempes humides. Et je mordille son nez. Un ange passe, mais la raison s’élève contre la passion. Elle décrète :— On ne peut pas faire ça ! On a fait ça une fois, mais c’était un accident, ou un test, ou je ne sais pas quoi ! On ne doit pas prendre goût à ça !— Mais c’est trop bon Gaga !— Mais oui, mais on ne doit pas ! C’est ignoble !— La dernière fois, c’était toi qui voulais et moi qui hésitais et là…— Mais oui, mais la dernière fois c’était un gros trip. Maintenant on en veut encore, c’est mal !— Mais personne n’en sait rien ! Et puis ça nous plaît !— Mais oui ça nous plaît, mais on est sœurs bordel !Elle se retourne et déclare :— Je vais nettoyer le boxon et ensuite je vais me coucher. Je suis vannée.— T’es pas excitée ? Rien du tout ? Moi j’ai le ventre en feu, dis-je d’un ton déçu et suppliant.— Tu n’auras qu’à te toucher !Je reste coite. Incrédule. Elle m’abandonne. Elle me dit il y a cinq minutes que « moi aussi je l’excite » et Madame abandonne sans rien obtenir. Tout d’un coup, je suis prise d’un doute. Et si elle avait orgasmé ? J’ose :— T’es rassasiée en fait ? T’as eu un orgasme pendant qu’on jouait ?— Non. Mais je ne peux pas en avoir un avec les doigts de ma sœur. C’est tout.Et de partir dans la salle à manger nettoyer les restes de notre bataille. Je reste sur le fauteuil avec des vestiges de larmes qui finissent de sécher au milieu des joues. Mes cuisses et mon ventre sont hantés par un fantôme insatisfait qui lacère l’espace qu’il occupe de ses griffes. Je me lève hagarde, morte-vivante en salon, je passe dans le couloir et farfouille dans mon sac à main pour y trouver mon paquet de clopes. Réservé aux cas d’urgence ! Je sors sur la terrasse et comble mon corps à présent inutile de la fumée divine de la cigarette. Je la maudis. Je la haïs. Je revois son visage collant barré d’une mèche de cheveux noirs. Mon ventre se tait progressivement, à croire que la cigarette calme l’ardeur. Je tire la baie vitrée et rentre dans la maison. La table est débarrassée. Les assiettes sont dans l’évier. Le sol est à nouveau propre. Je gravis l’escalier en pleurant.—oooOooo—J’ai honte. Je n’arrive pas à expliquer pourquoi. Certainement, car je sais au fond de moi que ça ne peut mener à rien. On baise, mais c’est tout. On ne sera jamais que des sœurs. C’est l’ange qui parle ainsi. Le démon m’explique différemment : « quand tu sors avec un mec, tu ne penses pas forcément au mariage ni à ce que sera la vie dans deux semaines ! Tu prends ton pied ! Avec elle, c’est pareil ! »Sauf qu’avec elle on remet ça au goût du jour souvent. Le jeudi matin, le soir en broîte et ce soir-ci. Je n’ai pas pris de douche. Je me couche nue. Je sens le chlore de la piscine. Je ne me lave même pas les dents. J’ai le moral trop faible. Il fait une chaleur collante dans ma chambre au premier étage. Les volets en bois blanc sont tirés. Dehors la nuit est presque complètement tombée. Et la pluie fait son apparition. D’abord des grosses gouttes qui pleuvent de façon disparate. Puis le flot devient continu. Un éclair zèbre le ciel et l’ambiance de la chambre devient violette psychédélique quelques instants. Je repasse le film de la soirée. Un film en trois dimensions avec les odeurs, les textures et les sensations. Sa bouche, son cou. Son ventre doux et dur. Déplacement des troupes au cœur du mien. J’allume une cigarette au lit. La règle morale veut que je fume dehors. Passons. Ma main gauche court à ma perte. Je titille mon sexe. Quelques effleurements. Le drap léger, blanc cassé, m’entoure et chatouille ma peau délicieusement. J’enfonce la première phalange de mon index. J’évite le clitoris. Je simule une griffure et ma gorge se noue. J’ai envie de me faire mal. Après tout, Garance n’avait qu’à m’être tendre et elle m’a été garce. Ma main cherche la poignée du meuble bas qui borde mon lit. J’ouvre le premier tiroir à l’aveugle à la recherche d’un objet qui me ferait mal. Il n’y a rien à portée de main. Mes larmes rejaillissent. Tout s’oppose à moi ce soir. J’hésite à me lever pour dénicher quelque chose, mais abandonne très vite. S’il faut que je me fasse mal, je le ferais toute seule. J’immisce trois doigts dans mon sexe palpitant. Et je me viole encore. Ça fait mal, c’est minable. J’ai l’air de quoi. S’il n’y avait pas la pluie et les explosions de tonnerre, j’entendrais un bruit humide en provenance de mes cuisses. J’étire les jambes, je joins les talons et exerce une pression l’un contre l’autre pour tendre encore plus les muscles de mes jambes. Garance me disait « Tu n’auras qu’à te toucher ! » et bien c’est fait !! T’es contente espèce de petite salope. Des vaguelettes de plaisir affluent sur le rivage brûlant de mon bas-ventre, Garance en images à l’antenne. Je l’imagine manger, je l’imagine jouissant sous un garçon inconnu. Je l’imagine dans la douche arrosant son sexe avec le jet d’eau tiède.Tourmentée à en connaître l’extase psychologique, je m’assois finalement au bord du lit. La fenêtre derrière les volets en bois clos semble vibrer à s’en rompre à chaque nouveau fracas du tonnerre. Je suis une petite fille dégoulinante qui voudrait bien se sentir partir. Et ma sœur frappe à la porte. Mon cœur éclate. Je m’allonge, ajuste le drap et fais mine de somnoler. D’une voix pâteuse :— Entre— …La porte s’ouvre et elle apparaît dans la lumière d’un éclair. Un vent de panique souffle dans ma direction. J’allume la lampe de la table de chevet. Elle est en chemise de nuit violette. Elle s’approche et demande à mi-voix :— J’ai peur de l’orage. Tu veux me renvoyer dans ma chambre ? On s’est fâché c’est nul.Imparable sa phrase « tu veux me renvoyer… ». Non bien entendu.— Viens là ma Ga !Elle esquisse un sourire, je crois, et approche à petits pas. Elle s’allonge à plat dos au-dessus du drap juste près de moi et soupire avec émotion :— Trop chiant l’orage. On dirait qu’il ne va pas s’arrêter. Je flippe comme une folle.— Maintenant avec moi, tu n’auras plus peur.Je pose ma main sur son bras. L’orage détonne encore.— Tu viens de fumer ?— T’as gardé un bon odorat malgré le whisky toi, dis donc !Elle se tourne vers moi, nos visages se font face. Elle rétorque :— Le whisky me fait dérailler.Son bras gauche s’enroule autour de moi par-dessus le drap. Je lui murmure :— Viens sous le drap avec moi.Elle s’agite et s’enfonce sous le tissu. Ses cuisses nues heurtent les miennes. Elle tire l’étoffe par-dessus nos corps et nos têtes. J’interviens :— Tu veux qu’on crève de chaud ma puce ? Laisse-nous respirer ! Tu sens bon. Tu t’es douchée ?— Quand tu faisais ta crise d’adolescence en terrasse.— Je ne…— Chut ! Tu crisais, ne dis pas le contraire !— J’avais envie de…Elle enroule ses bras autour de mon corps et m’attire. Ses lèvres happent ma bouche et elle m’embrasse quelques instants.— De ça ?— De ça.Un nouveau baiser m’arrive. Il s’attarde, s’éternise. Je m’habitue à la présence de sa langue. Je cohabite. On respire comme on peut. On s’échange sûrement quelques litres de salive, des kilos de germes, des zestes de cerises en provenance de ma bouche. Et c’est bon. Mes larmes jaillissent encore. Je caresse son visage lorsqu’elle cesse son baiser. Une caresse tendre et aimante. Je parle d’elle, de son absence depuis l’épisode du fauteuil. Je lui explique mon ventre qui grogne. Je lui raconte comme j’ai envie de m’extasier d’elle. Je lui explique le dard brûlant et la v******e de mes doigts. Je lui explique ce que ça fait de se toucher lorsqu’on veut que ce soit elle qui le fasse. Et elle me fait taire en m’embrassant. Petits coups de langue sur mes lèvres. Elle occupe mes narines et mes joues. Elle lape mes paupières. Je respire ses cheveux noirs. C’est bon et délicat. C’est difficile et tragique. Je me dégage de son emprise et me hisse sur elle. Mon ventre se pose sur le sien. Nos seins se parlent. Je mordille son cou et emprisonne sa carotide battante. L’empreinte de mes incisives s’imprime sur sa peau.C’est officiel. J’ai atteint le stade de non-retour. J’ai envie de m’accoupler avec elle. Je glisse à son oreille :— On peut se reproduire toutes les deux ?— On peut essayer pour voir si ça marche.— Ouchh.J’entame le déshabillage. Sa chemise de nuit passe le cap des épaules et s’en va. Je dévore à la bouche sa poitrine lourde. Je lèche son ventre et son nombril. J’agace sa cicatrice. Nos cuisses glissent l’une sur l’autre. On étudie la physique des corps, la dynamique des fluides. Comment occuper l’espace d’un autre être. Je pose mon genou sur son sexe. Elle halète. On inverse la posture dans un mouvement harmonieux. Elle s’allonge au-dessus de moi. Ses cheveux pendent devant son visage. Nos bouches collent l’une à l’autre, des traces humides se forment sur nos joues et nos mentons. Et ma main de grimper dans l’abîme.— Descends ! lui murmuré-je.Elle se laisse tomber complètement sur moi et s’empale sur trois doigts inclinés à la perfection. Je glisse en elle et entame une banale chorégraphie de doigts. Petites lèvres, clitoris. Autres endroits. Partout où coule quelque chose de chaud et de visqueux. Elle m’embrasse éperdument. J’ai le cœur qui perd le rythme. Je pose mes jambes par-dessus les siennes. Nos mollets se touchent. Je l’enserre dans cet arc de cercle. Nos bas-ventres se touchent, seulement séparés par ma main qui s’agite en elle. La sienne galope vers mon entre-jambes. Son index s’insère en moi. Un râle de plaisir s’échappe de ma gorge. Ma langue s’enfonce plus profondément encore dans sa bouche. Je voudrais pénétrer sa gorge. J’ai honte de n’avoir que ma main à lui offrir. Je lui explique la situation et elle anticipe. On se retourne encore et je viens dévorer son sexe avec les dents. Ma langue tâte et caresse son clitoris. Mon nez hume son odeur et mon visage s’imbibe de ses fluides. Mes mains saisissent ses fesses. Je l’attire plus fort contre ma bouche. Mes lèvres fusionnent avec sa chair muqueuse. Mon index prélève un impeccable fluide de glissement et force l’entrée de sa petite vallée fessière. Je triture cet endroit intime. J’assaille Garance partout où c’est possible. Mon majeur rejoint mon index au creux de son anus. Elle tressaute, prise de convulsions. Et elle émet des petits jappements inédits. J’abandonne le travail de ma bouche et la remplace par ma main.J’ai l’impression de jouir en même temps qu’elle cette fois. Par la force de ses doigts, par la texture veloutée et ardente de sa peau, par le goût de son corps liquide, par les sons de sa gorge et par l’immensité de l’attraction qu’elle exerce je m’offre un orgasme première classe. Il déchire et se tarit, puis renaît plus fort encore et ondule en moi. Comme un serpent à l’agonie qui se fraye un dernier chemin. Je crie. Oui ! je crie. Un « ahh » rauque et long. La seule chose que j’ai pu émettre. Et l’orgasme s’apaise, mais les doigts Garanciens continuent leur torture humiliante. Et je m’agrippe à elle, perdue et affolée, elle ne s’arrête pas. Et l’orgasme imminent revient en fanfare. Il me brise et m’abandonne et il revient encore lorsqu’elle mord ma lèvre inférieure jusqu’au sang. Et je m’en fous de ce qu’elle ressent. J’ai peut-être même arrêté de la masturber. Alors, je me concentre et je la triture avec tout ce qu’il me reste d’énergie. Elle se tord, semble s’enrouler autour de mes trois doigts plantés à la verticale dans son ventre. Je la défonce. Mon bras libre l’entoure par les épaules, sa tête se cale au creux de mon cou et elle expulse l’air de ses poumons contre la chair qui recouvre ma clavicule. Un air brûlant et humide. Elle hoquète et des spasmes la font se cabrer. On explose avec le tonnerre. On se décolle du matelas en un seul corps. Elle s’affaisse sur moi encore vibrante. Et je continue mollement de la tripoter. Ses cuisses se serrent. Et nos ventres se calment. Et elle reste échouée sur moi, le menton contre mon épaule. Elle pleure dans l’oreiller. Ses doigts restent en moi et les miens restent en elle. Son poignet ne bouge plus. Alors, j’agite le bassin et ils caressent encore mon clitoris trop douloureux. J’ajuste la position et m’excite encore un peu sur ses doigts figés en moi. Et tout est terminé. Nos mains sortent. Elle se glisse sur le flanc et on se fait face. Nos respirations sont rapides, syncopées. La sueur perle sur son front et elle est belle dans l’extase. Elle me complimente avec tout le désespoir qu’elle peut mettre dans sa voix :— T’es bonne !J’ai dû lui caresser le dos pendant quelques minutes. Le temps qu’on reprenne possession de nos moyens, que le vertige s’éloigne, que le tangage s’atténue. Sa main a entouré mes doigts et s’est calée contre ma paume. Amélie humide de Garance et Garance humide d’Amélie se sont endormies lovées l’une en l’autre.—oooOooo—L’aube allait apparaître dans quelques minutes lorsque je me suis réveillée. La lumière d’un soleil encore rosé filtrait à travers les fentes du volet. La douce chaleur qui régnait dans la pièce était renforcée par la tendre et humide tiédeur du corps de Garance collé au mien. Elle dormait. Je voyais les flans de son nez se soulever régulièrement. Ses lèvres étaient sèches en leur milieu, mais collées l’une à l’autre par une humidité gluante. Sa main reposait tout près de ma cuisse et je fis en sorte de me mouvoir pour la recouvrir. Elle était fraîche. N’y tenant plus je posai ma bouche contre la sienne. Imperceptiblement elle frémit. J’avale le souffle qui s’échappe de son nez. Ma lèvre supérieure se glisse entre les siennes qui se décollent finalement. Elle se débat et referme ses lèvres sur la mienne. Sans ouvrir les yeux, elle glisse sa langue vers mes incisives. Nos bouches s’emmêlent. Je la réveille par ce baiser. Sa main s’échappe de sous ma cuisse et vient épouser la forme de mon oreille et de ma joue. Son autre main me serre par la taille. Nos corps se meuvent dans un froissement de draps. Je l’enjambe et elle pousse un petit soupir entre l’envie et la colère douce d’être obligée de quitter le sommeil. Son haleine tiède et douce m’enivre d’arômes matinaux. Elle murmure :— Tu as bien dormi ?— Oui très. Toi aussi je pense, tu n’avais plus peur de l’orage n’est-ce pas ? J’ai envie de toi mon petit ange.J’embrasse la peau de son cou et celle sous le menton. Ma divine se livre passivement. Passons sur les baisers que l’on rejoue aussi fort aussi bien. Un avion de chasse perfore mon ventre et lance ses missiles quelque part contre mon utérus. Un orgasme comme une grande. Je le voudrais en pyjama, je la voudrais avec des tresses, je le voudrais en mangeant une glace à la vanille, je la voudrais endormie. Jouissance en silence en me collant à elle. Dernier tressautement avant de rendre l’antenne.Elveaparadise 2006 ©

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